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VISION CAVALIERE

1614-1715

1715-1789

1789-1870

1870-1914

POINTS DE METHODE

LE SYMBOLE EQUESTRE

Le symbolisme chrétien

Le symbole profane

Le roi sculpté à cheval

"La chute"

La remise en selle

(notes)

 

 

INTRODUCTION

La raison cavalière fut-elle une raison d'Etat?

La question étonnera nos modernes théoriciens du pouvoir qui ont depuis longtemps oublié le cheval.

Par raison cavalière, j'entends l'exigence qu'ont les hommes de cheval de se soumettre l'animal et de le produire pour des projets qui sont avant tout guerriers. Affaire politique par excellence, d'autant que ceux qui ont le privilège de monter à cheval sont ceux-là mêmes qui ont le privilège du commandement. A mesure que disparaissent la féodalité et sa chevalerie, tout se concentre en la personne du roi : l'art équestre comme rapport du corps de l'homme à celui de l'animal, la sélection des chevaux par l'élevage, l'ordonnancement de la cavalerie.

Au XIXe siècle, nouveau changement. Les fantasmes que la noblesse avait investis dans le cheval, la bourgeoisie les investit dans la machine. Ce n'est plus le corps du roi qui sert de référent, mais le corps social. De nouvelles formes d'autorité apparaissent, lentement le cheval cède la place.

C'est ce double mouvement dont j'ai voulu rendre compte. Tâche démesurée si elle se voulait exhaustive. Mais il m'est apparu que, dans le vide quasi total dans lequel de telles recherches pouvaient s'effectuer, il fallait, avant tout travail approfondi, disposer d'une esquisse. De 1614, date à laquelle Louis XIII atteint sa "majorité" et perfectionne sous la direction de Pluvinel son apprentissage équestre, à 1914 qui marque avec la première guerre mondiale la fin de la cavalerie, trois siècles s'écoulent pendant lesquels l'histoire du cheval est intimement liée à celle de l'émergence et de l'affirmation de l'Etat moderne.

Trois siècles pendant lesquels raison cavalière et raison d'Etat vont converger avant de devenir si étrangères l'une à l'autre que le souvenir même de cette convergence va s'évanouir.

Ce souvenir ne reste-t-il pourtant pas, à qui sait le voir, sculpté dans la pierre et le bronze des statues équestres?

VISION CAVALIERE

Mes recherches s'orientent selon trois axes majeurs qui sont l'art équestre, l'élevage, la cavalerie. L'art équestre englobe la façon de monter à cheval et les théories du dressage qui en découlent. Les Ecuyers dès le XVIe siècle énoncèrent des préceptes de plus en plus raffinés pour exercer le cheval et l'obliger à se soumettre à la volonté du cavalier.

Ces théories constituaient une sorte d'aide mémoire sur les ajustements progressifs et lents du cavalier aux mouvements du cheval, jusqu'au moment où l'execution et la soumission du cheval ne donne plus lieu à des gestes visibles de la part du cavalier: le cheval obéit à l'homme qui le monte sans que ce dernier ne gesticule et n'emploie la force. L'art équestre est donc ce moment privilégié où le cavalier énonce et applique rigoureusement un art de commandement sur l'animal, art d'autant plus subtil qu'il ne donne plus lieu à aucune manifestation extérieure lorsqu'il est règlé.

L'élevage du cheval est une occupation des hommes qui ne nécessite à première vue aucune équitation. Cependant il n'y eut d'élevage du cheval que grâce aux désirs des hommes de modifier la forme et le caractère des animaux qu'ils avaient à dresser. Cet élevage de chevaux est centré sur l'accouplement d'une poulinière avec un étalon, couple choisi pour les qualités respectives de l'un et de l'autre, en vue d'obtenir onze mois plus tard un "produit" qu'il faudra nourrir plusieurs années avant de l'exploiter. La recherche des meilleurs "produits" pour telle ou telle utilisation oblige à fixer des critères pour l'accouplement et pour l'éducation. Le cavalier exigeait un cheval adapté à ses objectifs équestres.

Voulant obtenir des chevaux plus ou moins "légers" ou plus ou moins "rapides", il élabora des critères équestres d'accouplement et de sélection. L'élevage montre comment le savoir équestre se proposa d'investir le corps biologique du cheval.

La cavalerie est le nom donné aux troupes combattant à cheval. Ce nom ne correspond à une entité homogène que très tardivement. Issue de la chevalerie, jalouse de ses prérogatives individuelles, elle résistat longtemps à l'autorité que le roi voulait lui imposer. Les régiments rassemblés sporadiquement selon les humeurs des capitaines propriétaires, ne devinrent une armée royale effective qu'avec l'élimination des titres de propriétés des "Compagnies" et par la "pacification" des corps de troupe dispersées selon les initiatives guerrières. La cavalerie combattant en ordre dispersé ne pouvait être efficace.

La discipline de combat ne fut atteinte qu'en édifiant autour des chefs une hiérarchie incontestée et une uniformisation des éléments composant la cavalerie: le cavalier et son cheval firent l'objet de règlementations précises afin d'adapter leur équitation au "corps" dont ils dépendaient dans l'ordre stratégique et tactique de la guerre. Sans cavalier sachant diriger son cheval dans la bataille aucune cavalerie ne peut agir. Ce groupe de cavaliers soumis à des règles de conduites particulières et strictes peut être étudié en analysant comment l'art équestre, necessaire au commandement individuel, s'est transformé pour devenir un moyen de direction et d'unification d'un corps social particulier.

Pour saisir, selon les trois axes de recherche retenus la lente et longue évolution qui se produit, une période de trois siècles nous a paru nécessaire. Encore fallait-il, à l'intérieur de cette période, procèder à un découpage chronologique. Ce découpage adopte quatre périodes d'inégale longueur permettant de cerner les étapes significatives des trois domaines investis. Les grandes coupures politiques sont celles qui permettent la meilleure présentation du sujet : 1614, 1715, 1789, 1870,1914.

Le roi Henri IV laisse en 1610 un royaume qui commence juste à se relever de son éclatement dans les guerres de religion. Sully se retire en 1611. Les erreurs et les provocations se succèdent dans le clan de la Reine Mère. Les protestants se sentent menacés par la majorité catholique. En février 1614, une révolte des princes, menée par Condé, oblige le gouvernement à négocier et à convoquer la réunion des Etats Généraux (octobre 1614). Lors de cette réunion, les trois ordres ne trouvent aucun terrain d'entente et cette division sauve l'absolutisme.

Déclaré majeur, dès le 2 octobre, à treize ans, Louis XIII fera de son règne le premier règne absolu. Investi de la confiance du défunt roi, Pluvinel va s'acquitter scrupuleusement de la formation équestre de Louis XIII. Cette date qui constitue un tournant dans le développement de l'absolutisme, fut aussi celle de la rédaction par Pluvinel des préceptes équestres ayant servi au jeune roi. Deux versions de ce texte, "Maneige Royal" (1623) et "L'Instruction au Roy" (1625) furent rééditées tout au long du XVIIe siècle.

En 1715, Louis XIV meurt, mettant fin à une suite de guerres difficiles ayant nécessité une "économie de guerre" qui essoufla le pays. Progressivement des réorganisations sont tentées. Notamment l'élevage du cheval particulièrement ponctionné par les guerres se voit pour la première fois conçu comme un tout (1717). La France atteint des frontières nouvelles qui ne seront pas remises en question jusqu'en 1792. L'aristocratie dresse des plans visant à réduire le pouvoir royal.

A partir de 1789 la théorie équestre n'est plus l'apanage de la noblesse qui avait jalousement protégé ce privilège. Les roturiers avaient tenté d'ouvrir des académies: ils furent éconduits et forcés de nommer "manège bourgeois" les lieux de leur enseignement. La revanche sera nette après 1789, et les haras seront aussi abolis comme étant une institution témoignant du despotisme. La cavalerie accusée par les sans-culottes d'être un repère de nobles, perdit ses chefs et par là-même ses règles. Elle fut dans l'obligation de se redéfinir et de trouver des chevaux par des réquisitions.

En 1870, Sedan marque la fin d'un mythe: l'Empire est fini et avec lui le rêve d'établir une nouvelle dynastie. Les guerres ne sont plus gagnées comme on aurait voulu qu'elles le fussent, l'élevage, la cavalerie, l'art équestre ont pris leurs formes achevées et ne seront dès ce moment que le prolongement sans grand bouleversement de la période précédente.

Septembre 1914 est choisi comme date de cloture de cette étude car elle illustre parfaitement la fin d'une longue évolution du cheval dans la société: la cavalerie, déjà contestée depuis deux décennies, fut incapable de jouer un rôle dans la bataille. Sa chance était là, aveugles les chefs ne surent l'utiliser. Ce cheval dont ils n'arrivaient pas à se défaire paraissait passé de date. La guerre de 14-18 marque une révolution dans l'histoire de notre société contemporaine en ce qu'elle produit un renversement des influences socio-économiques de la ville et de la campagne. Dès lors la machine chasse le cheval de la guerre et des campagnes. Le sport, les courses et la boucherie justifient inégalement que l'on élève des chevaux.

Pour chacune des périodes ainsi délimitées, on présentera l'évolution des trois domaines déterminés comme modes d'approches pertinents de la relation de l'homme et du cheval :

  • la dynamique de la théorisation de 1'art équestre,
  • comment ce discours équestre intervient-il dans l'établissement de l'élevage,
  • comment a-t-il structuré la cavalerie.

Compte tenu de la complexité et de la nature inhabituelle du sujet ainsi abordé, il m'a semblé utile de présenter au lecteur un résumé de l'ensemble de la recherche ainsi agencée.

Dans la première partie intitulée "le corps du roi", deux époques se succèdent : de 1614 à 1715 (que l'on appellera le XVIIe siècle) et de 1715 à 1789 (le XVIIIe siècle).

A. 1614-1715

Au XVIIe siècle, le rapport d'autorité entre l'homme et le cheval s'établissait par la force. Aucune concession n'était faite à un animal dont la seule façon de maitriser le caractère était de le soumettre aux mains et aux jambes, que de gros mors et de grands éperons rendaient indiscutables. Si la direction (les mains) et l'impulsion (les jambes) étaient accompagnées d'outils de commandement aussi intransigeants, ce n'est que lentement qu'une combinaison entre mors et éperons fit l'objet d'une réflexion systématique. Le cheval n'apparut comme corps intelligent que grâce à la mise en place de techniques d'assouplissement. Celles-ci permirent de moduler et de négocier un rapport d'autorité, entre homme et monture, d'abord violent et sans appel. L'art de monter s'affinant, il devint un art de doser des équilibres et des déséquilibres, faisant du cheval un corps soumis mais représentatif de l'intelligence plutôt que de la brutalité du cavalier (I - Les aides du pouvoir).

Richelieu avait fréquenté l'académie de Pluvinel, où ce dialogue autoritaire avec l'animal se perfectionnait. Plus tard, il rasa les châteaux des nobles frondeurs, et ceux-ci perdaient du même coup leur motivation à maintenir cet autre élément de leur puissance militaire, l'élevage des chevaux. En effet châteaux et haras allaient de pair. Pour le cavalier d'alors, le cheval doit être un animal robuste et fort. Mais s'il doit être bon, il faut aussi qu'il soit beau. Bon et beau, expressions de l'époque qui résumait un dilemme d'élevage.

Comment faire du bon et du beau et même temps ? Les difficultés d'ajustement sont multiples. La noblesse fait parcourir l'Europe par des écuyers à la recherche de type de chevaux dont l'alliance permettrait de produire enfin le type idéal. Il n'existe pas alors de vision générale du bon et du beau cheval sinon une multitude d'espèces rivales, çà et là dans les provinces (II- Les étalons du roi).

La cavalerie du XVIIe siècle est issue de l'ancienne chevalerie. Bien qu'une cavalerie dite légère composée d'éléments roturiers se développe, la décision de la bataille est réservée à la cavalerie lourde composée de nobles : les gendarmes. Cependant cette cavalerie composite est commandée par des chefs jaloux de leurs prérogatives et ne désirant intervenir dans la bataille que selon l'honneur qu'ils en retireront.

Ce n'est que progressivement que le commandement se coordonnera pour affronter un ennemi commun. L'impératif d'éclaircir l'ordre hiérarchique apparaît avec l'exigence d'établir un plan de combat concerté. Le commandement de la troupe s'unifie entre les mains d'un chef unique qui se conçoit dans l'exercice du commandement comme un cavalier dressant sa monture plus ou moins rebelle à laquelle il applique des théories et sur laquelle il exerce ses forces (III- L'unité du commandement).

B. 1715-1789

L'art équestre oscille entre deux conceptions du dressage. Muni d'une volonté, le cheval reste l'animal auquel il faut imposer celle de l'homme. Assoupli à droite puis à gauche, l'avant de son corps opposé avec l'arrière, le cheval livre son corps au corps du cavalier. La confiance s'instaure dès que l'appui de la bouche du cheval sur la main du cavalier ne trahit point l'équilibre général. L'appui calculé harmonise les volontés. A cela s'oppose une théorie déduite de la pensée mécaniste, cartésienne, qui considère l'équitation comme une science. Ainsi elle ne voit dans les corps que des agencements de ressorts dénués de particularités. De cette géométrisation se dégage une nouvelle perception : l'obéissance et le commandement sont figurés par des lignes imaginaires sur lesquelles le cavalier doit façonner son corps, verticalement et perpendiculairement à celui du cheval (IV - Du rapport de volonté à l'action mécanique) .

Dans l'élevage du cheval, une politique persuasive indiquant des types de chevaux à produire, notamment pour la guerre, se substitue un véritable quadrillage du territoire par des institutions centrales promotrices d'élevages locaux. Ceux-ci sont conçus comme autant de laboratoires de production de formes particulières et singulières en vue de croisements dosés pour la confection d'un cheval type. Pour cela les cavaliers décrètent des canons esthétiques : l'étalon "royal" porteur en lui de formes potentielles doit les ensemencer dans les espèces locales (V - Les critères de l'élève).

En disparaissant, la gendarmerie rend la cavalerie plus homogène. Au problème de l'agencement des éléments, s'ajoute le problème de l'édification d'une hiérarchie de chefs auxquels il faut distribuer des parcelles d'autorité. L'équitation est plus que jamais le moyen de structurer le commandement et la discipline. Les théoriciens de cette organisation réactivent l'équitation afin qu'elle devienne une théorie mixte qui tienne lieu d'instruction pour les troupes. Le but est l'uniformité du commandement afin d'imposer l'autorité d'une hiérarchie militaire. L'art équestre offre une figure mécanique à l'usage du dressage de la troupe (VI - Les rouages de la cavalerie) .

La seconde partie intitulée "le corps social" recouvre ce que l'on a pris l'habitude d'appeler le grand XIXe siècle. Ce long siècle est scindé en deux périodes.

A. 1789-1870

L'équitation qui cesse d'être réservée à une caste, se prête à de nouveaux débats. L'enjeu est de moins en moins l'usage individuel que l'on peut faire du cheval mais plutôt celui de constituer un code de dressage à l'intention de la cavalerie tout entière. S'affrontent alors les héritiers directs de l'ancienne école française d'équitation et les nouveaux promus à la théorisation. Les premiers sont pour une équitation "naturelle" dans laquelle les préceptes n'ont qu'une place secondaire à l'usage particulier du chef instructeur. Les seconds se font les chantres d'un corps équin infiniment perfectible grâce à l'action mécanique que l'on peut avoir sur celui-ci. Ce dilemme entre une équitation pour laquelle le mouvement en avant prime les forces de contrainte que l'autre équitation privilégie, présente en fait la concurrence entre deux formes de représentation du dressage. Ouvertement conflictuel, ce débat fondera tout de même un savoir unique, le dressage devenant une alternance de contrainte et de "mise en avant". Faut-il y voir un reflet de la formulation du débat politique d'alors, opposant résistance et mouvement ? (VII - A hue et à dia) .

Au début du XIXe siècle le débat sur l'élevage du cheval mérite une attention toute particulière. Il s'insère désormais dans une discussion plus vaste, celle sur la race. Les éleveurs du XIXe siècle sont des notables qui veulent vérifier dans l'espèce chevaline les règles d'un savoir plus universel, qu'ils aimeraient voir appliquer à l'espèce humaine. La création de races est la grande ambition de la bourgeoisie qui, voulant trouver les voies de la pureté et de la vérité, ne fait que déclarer son angoisse de se constituer une généalogie et son obsession à défier la "dégénération". Dans ce grand projet un conflit oppose très directement les partisans de l'intervention de l'Etat et les`libéraux, plus confiants dans l'agencement privé des intérêts et des envies (VIII - Le sang et la race) .

La cavalerie en se constituant une épopée lors des guerres de la République et de l'Empire se trouve aussi une tête : Napoléon. Si les guerres de cette période se passèrent de règlement, il fallut, lorsque le chef eut disparu, établir les règles éternelles du succès que chacun croyait lire dans ses souvenirs. Ce laborieux projet se réalisa dans le règlement de 1829 : le règlement remplaçait le corps du chef. Le cheval étant au centre de la codification, chaque cavalier était soumis à son cheval, devenu une préoccupation journalière et permanente (IX - La guerre de masse et la centaurisation) .

B. 1870-1914

A la fin du XIXe, l'équitation reste l'enjeu du règlement militaire. Mais elle devient aussi l'occasion d'une réflexion globalisante. Pour cette raison d'autres personnes que les écuyers lui empruntèrent les moyens d'appréhender des sujets n'ayant avec le cheval aucun lien naturel. La théorie équestre permet des interprétations sur des domaines aussi variés que la foule et la femme. Le savoir équestre, s'il ne manque pas de densité, s'essoufle (X - La foule quadrupède) .

L'élevage à la fin du XIXe siècle perfectionne ses institutions et devient une véritable industrie où l'on produit des races en jouant simultanément sur les croisements exogamiques et endogamiques. Le cheval pur sang et son élevage deviennent des modèles réussis de perfection, dans lesquels les hommes de la fin du XIXe voient la preuve tangible qu'une race d'homme peut se constituer afin d'éliminer les tares de la dégérescence. Et, puisque le moteur commence à remplacer le cheval, ce dernier se voit octroyer un nouveau rôle: le cheval devient un aliment dont on présente les qualités quasi rédemptrices. Dans quelles mesures peut-on y voir un rituel qui consisterait à l'incorporation des qualités d'une espèce par une autre ? (XI - Le haras des humains) .

La cavalerie anticipe sa fin. La guerre de revanche contre l'Allemagne est inéluctable et les manoeuvres sont exécutées selon un modèle précis de la guerre future. La cavalerie perfectionne ses rouages en les lubrifiant d'une énergie dont on sait qu'elle décidera le sort de la bataille : le moral. La future guerre est certaine comme l'on sait que pour les cavaliers elle sera une bataille morale. On peut parler d'une revanche sur le terrain où les cavaliers s'affronteront corps à corps. Dans cette perspective le chef instructeur prépare recrues et montures. De 1870 à 1914, on répète et on s'exerce tant et si bien que le jour de la charge décisive tout le monde reste indécis devant une rupture du front imprévue. Moment grave si l'on pense qu'elle eût probablement écourté la guerre (XII- Le dressage moral) .

POINTS DE METHODE

Le général Mennessier de la Lance a occupé les loisirs de sa retraite à recherches les ouvrages publiés en latin et en français sur le cheval et la cavalerie depuis les origines de l'imprimerie jusqu'à 1921. Il classe en deux volumes la douzaine de milliers de titres qu'il a répertoriés dans les bibliothèques et archives, publiques et privées, en France.

Sans le travail de cet ancien officier de cavalerie, il eût été très difficile de poursuivre cette étude dans d'aussi bonnes conditions.

Ma recherche bibliographique a été menée essentiellement à la Bibliothèque Nationale. Mennessier de la Lance avait recherché très scrupuleusement tous les ouvrages concernant de près ou de loin le cheval. Dès lors, il fallut sélectionner les livres les plus importants en respectant les domaines pri-vilégiés par cette étude.

Il est bien évident que la "couverture" bibliographique du sujet ne pouvant être assurée en une année et demie de recherche. Cependant, l'objectif étant de donner le maximum d'extension à l'hypothèse de départ, plusieurs centaines d'ouvrages, d'articles et de discours furent retenus après un premier dépouillement. Dans ce dédale coloré de faits, d'anecdotes, de théories, il fallait faire émerger quelques solides points de repère.

Certains aspects de la bibliographie méritent d'être soulignés. Les rééditions de certains ouvrages pendant plusieurs décennies, voire pendant un siècle (Pluvinel, Nicolas de Beaugrand, etc...) signalent leur importance. Pourtant leur contenu théorique, inlassablement recopié par des auteurs différents nous paraît aujourd'hui quelque peu lassant et redondant. Fallait-il s'attarder sur les éditions et réécritures successives, afin de rechercher, sous les formes dogmatiques, les différences significatives ?

J'ai souvent préféré attirer l'attention sur des textes plus marginaux et plus personnels. Le choix fut toujours d'ouvrir au maximum la pallette. Comme le disait le baron érudit Charles Louis Adélaide Henri Matheron de Curnieu (1811-1871) "sitôt que je consulte un auteur ancien ou moderne, écuyer, cultivateur, vétérinaire, éleveur, zoologue, je suis sûr d'y trouver imprimée et tout établie en possession d'état une idée que je croyais la mienne et qui l'est réellement, puisqu'elle vient de mes observations ou de mes études. Je suis convaincu qu'en science hippique comme en bien d'autres choses, il n'y a rien de nouveau sous le soleil, tous a été dit, tout a été écrit, il n'y a qu'à choisir, c'est ce choix qu'il faut faire et qui est difficile".

Une autre difficulté tenait à ce que la plupart des ouvrages généraux furent écrits au siècle dernier, et, à ce propos, il fallut très vite se rendre à l'évidence que la vision de l'Ancien Régime par le XIXe siècle n'est pas exempte de lacunes et d'interprétations hâtives ou mythiques. Dans une certaine mesure cette vision nous apprend beaucoup sur ce que l'on a coutume d'appeller la réécriture de l'histoire. La bourgeoisie, dominante au XIXe siècle, dans son souci de se comprendre et de se posi-tionner dans l'histoire, offre aux autres et notamment à la noblesse des qualités et des défauts qu'il faut imputer dans une certaine mesure à elle-même.

Deux décisions inscrivent le sujet dans l'époque choisie. La première est celle de ne pas présenter, sinon par quelques allusions, la relation de l'homme et du cheval au Moyen Age. La seconde est de laisser l'analyse de l'époque contemporaine de cette relation à un travail ultérieur. Ces deux décisions reposent sur la même constatation qui agit de manière inverse. Le Moyen Age est inappréhendable s'il n'est pas auparavant procédé à l'analyse de la déformation qu'il a subie dans la mémoire collective jusqu'à nos jours. Or, à ce sujet, deux époques ont successivement redéfini et réécrit l'histoire: l'âge classique et le XIXe siècle. Inversement, pour l'analyse contemporaine, comment est-il possible de comprendre la relation de l'homme et du cheval depuis 1914 sans étudier précisément ce qu'il en était auparavant ? Avant, c'était le XIXe et l'âge classique.

Donc le parti pris choisi exclut délibérément d'exposer la filiation en amont et en aval des idées analysées.

La rédaction emprunta alors le déroulement du plan tel qu'il est introduit plus haut. Je me suis attaché à faire parler au maximum les gens concernés par le cheval. Cet effort explique deux caractéristiques de ce texte: le grand nombre de citations et le détour par la biographie des auteurs pour étayer celles-ci. Il est souvent impossible dans ces citations, de resituer une idée pertinente ou illustrative en effaçant le lyrisme, la mauvaise foi, l'ignorance et la vantardise des auteurs. La part des choses est difficile à établir, car au nom de quelle rigueur faudrait-il éliminer les accents poétiques ou ingénus de telle ou telle citation? Sont maintes fois sacrifiées à la clarté de la rédaction, la confusion et la complexité d'idées qui méritaient d'être conservées en vue de recherches plus approfondies.

Avec la multitude des discours, j'ai aussi eu recours à la vie des auteurs. Je dois dire que j'ai été passionné de lire ces vies, parfois invraisemblables, des "hommes de cheval". J'ai choisi d'en restituer certaines car celles-ci agencent et illustrent parfaitement bien la nature d'époques qui, somme toute, ne sont pas très éloignées de notre fin de XXe siècle.

Les spécialistes des sciences sociales et les spécialistes des sciences hippiques n'auront pas la même lecture de cette étude. Pour les uns, les problèmes techniques de l'équitation, de l'élevage et de la cavalerie, présentant des langages particuliers, seront ardus à assimiler. Ils sont pourtant des détours nécessaires à notre démonstration. Pour d'autres, il n'est pas inutile de clarifier les liaisons entre leur domaine et la vie sociale car dans les rapprochements entre l'équitation et la politique il faut voir plus qu'une métaphore.

Les développements de cette étude ont pour objectifs d'ouvrir des pistes de réflexions plutôt que de proposer des raisonnements définitifs. Cet essai, procèdant par petites touches plutôt que par grandes synthèses, permettra de mieux saisir la place que le cheval a eu dans la société.

Avant d'analyser la littérature sur la relation de l'homme et du cheval où j'essayerai de dégager ce qui est dit sur le rapport de commandement et de l'obéissance, arrêtons-nous un moment devant les statues symboles encore présents du pouvoir équestre.

LE SYMBOLE EQUESTRE

Les statues permettent de résumer efficacement l'évolution des représentations symboliques dans une société. Les statues équestres élevées à la gloire "des grands" ont toujours symbolisé la puissance. La royauté utilisa ce symbole pour affirmer la source divine de son pouvoir en même temps que le principe de sa domination sur son peuple en réunissant les origines religieuses et profanes de ce symbole.

Le symbolisme chrétien

Le rôle symbolique des statues équestres remonte loin dans l'histoire. Les bas-reliefs réalisés au Moyen Age aux tympans des églises, représentent parfois des cavaliers piétinant des hommes agenouillés et couchés.

Auber (l804-l892), prêtre et archéologue, décrit ainsi les statues de quelques églises romanes du Poitou et d'Anjou : "un cavalier richement vêtu, coiffé de la couronne seigneuriale, la robe longue et largement drapée, recouvrant une cotte de mailles, des éperons qui ne sont pas moins un complément des attributs chevaleresques, une pose calme et digne, répondent parfaitement d'ailleurs à l'allure du fort cheval, taillé en dimensions larges et énergiques. La noble bête, en effet, que pare un collier à pendeloques entourant le cou et le poitrail, est au repos : le mouvement général des jambes le dénote parfaitement: seule, la droite du train antérieur est levée et repose sans effort sur la tête d'un petit personnage accroupi devant ce groupe, dont la hauteur dépasse de trois ou quatre fois la sienne. Ce petit homme varie un peu dans sa pose, selon le statuaire (...). Notre nain est quelquefois tout à fait renversé devant la monture, dont le pied, toujours suspendu, semble conserver le mouvement qui vient de frapper; la victime se débat dans une sorte de convulsion, les pieds en l'air, la tête en bas et les cheveux épars, les bras serrant la poitrine d'une rude étreinte (...). Ailleurs, et presque généralement, vous ne voyez qu'un pauvre avorton plié humblement devant la fière monture, dans une entière nudité, avec le geste de la soumission et de la dépendance, maîtrisé enfin, jusqu'à une sorte de condescendance sous le pied qui le domine (...). (1).

Le combat victorieux du cavalier contre le piéton est pour Auber la figuration du christianisme anéantissant et tuant toute philosophie en opposition avec lui. Pour appuyer ses théses, il répéte qu'il a retrouvé "mille fois" dans ses observations incessantes sur l'iconographie chrétienne ces statues équestres représentant le christianisme victorieux et triomphant du paganisme, des hérésies et des schismes.

Auber cite aussi Saint Méliton, qui dirigeait l'église Sarde à la fin du IIème siècle, et qui a, dans la " Clef des Ecritures " donné une interprétation du rôle du cheval dans la religion chrétienne : "le cheval si souvent loué par les Anciens depuis la magnifique description faite par Job, signifie l'obéissance à la discipline, la simplicité soumise, la vie régulière et laborieuse" (2).

Si le cavalier à cheval représente le pouvoir spirituel abattant devant lui "sans violence, sans haine, comme sans colère, mais avec le noble et grave maintien d'une majesté ferme et résolue, toute opposition à ses desseins, toute créature s'élevant contre la science de Dieu", il n'est pas étonnant que cette symbolique équestre sculptée aux tympans des églises ait été entièrement reprise par le pouvoir royal.

Le symbole profane

Georges Duby reprend "Lancelot" pour montrer l'importance symbolique sans équivoque du cheval: "Quant au cheval, c'est le symbole du peuple : " car de même il doit porter le chevalier en tous besoins... parce que le chevalier le garde et garantit et nuit et jour. Et dessus le peuple doit s'asseoir le chevalier. Car de même qu'on point le cheval , et le mène celui qui est assis dessus, là où il veut, de même doit le chevalier mener le peuple à son vouloir par droite subjection, pour être dessous lui et il le doit être " (3).

Celui qui possédait un cheval avait le moyen d'échapper à la mort ou pouvait arriver le premier là où il y avait quelque chose à voler ou à piller. C'est ainsi que peu à peu le cheval s'identifie avec le pouvoir individuel et avec la puissance non seulement militaire mais politique. "Qui vous pourrait jamais dire à plein les louanges et la grande vertu du cheval ? Qui est celui qui ne le reconnaît roi des animaux ainsi une roche inexpugnable et très fidèle compagnon des rois ?" (4).

A la fin du Moyen Age et par l'entremise de la chevalerie, les marques distinctives du pouvoir chevaleresque vont être reprises par le pouvoir royal. Dans son dernier ouvrage, le "carnaval de Romans", Leroy Ladurie relève que le thème de l'inversion est familier à l'imagerie populaire " depuis la fin du Moyen Age jusqu'à la première moitié du XIXe siècle : au gré de la gravure ou de la brochure, le mari battu par sa femme enfourche l'âne à l'envers, la souris croque le chat, le loup garde les moutons qui le dévorent (...) le roi marche à pied" (5). On peut se demander en quoi est-ce que le roi marchant à pied constitue une inversion ? Un enfant de quatre ans donne la réponse: "Un roi ? C'est un homme qui monte à cheval !" (6). Cette trivialité sortant de la bouche d'un petit Iorrain ne choque pas et pourtant, on devrait s'attarder sur ce fait. Le cheval, symbole profane du peuple, est chevauché par le Roi.

Le roi sculpté à cheval

Le roi Henri II, qui règna de 1547 à 1559, demande à son ambassadeur à Rome de commander une statue de bronze à Michel-Ange sur le modéle de celle de Marc Aurèle. Michel-Ange, trop âgé, déclina l'offre et ce fut Daniel de Volterra qui en entreprit l'exécution. Le roi étant mort entre temps, seul le cheval fut exécuté. Ce même cheval servit à la statue de Louis XIII érigée Place Royale, que les nobles frondeurs venaient défier en se battant en duel à ses pieds.

Telles les statues des condottieri que l'on peut toujours admirer en Italie, les statues royales avaient une attitude bien définie: un des membres antérieurs est toujours levé, le sabot suspendu au-dessus d'un espace vide, prêt à s'abattre sur ceux qui s'opposeraient à la progression du prince. Le geste du cheval symbolise la puissance de son cavalier face au reste du monde. Le corps soumis et humble qui se contorsionnait devant la puissance victorieuse du Christianisme est ici remplacé par le spectateur contemplant la statue de bronze. Chaque roi ajouta à la collection sa propre image équestre, permettant l'inscription dans les mémoires de sa toute puissance.

"La chute"

Cette présence symbolique enfermée dans le bronze et la pierre n'échappa pas au peuple lors de la Révolution de 1789. Les sculptures symbolisant le pouvoir royal seront abattues. L'initiative d'abattre ces statues équestres fut prise spontanément un peu partout, par les personnes qui les côtoyaient quotidiennement. A Paris, comme en province, le roi sur son cheval de bronze rappelait au peuple son devoir d'obéissance et de soumission au Maître cavalier. Le mardi 14 août 1792, le "Moniteur" relate la séance de l'Assemblée Nationale du 10. Des citoyens de la section Henri IV se sont présentés à la barre pour instruire l'Assemblée qu'ils viennent de renverser la statue du roi dont leur section porte le nom : "les vertus d'Henri IV nous ont arrêtés quelques temps, mais on s'est souvenu qu'il n'était pas roi constitutionnel. On n'a vu que le despote et soudain la statue est tombée. L'acte de fondation de la statue a été trouvé dans le corps du cheval. Nous le déposons sur le bureau et nous demandons qu'il nous en soit délivré copie. Nous proposons d'élever à la place de la statue un piédestal qui portera les tables des droits de l'homme" (7). L'Assemblée applaudit les pétitionnaires et les invite aux honneurs de la séance.

Certains représentants du peuple, inquiéts, avaient demandé qu'un contrôle soit exercé sur les agissements du peuple : "le peuple s'occupe en ce moment d'abattre toutes les statues qui se trouvent dans les différentes places publiques. Les opérations confiées à des inhabiles peuvent occasionner les plus grands malheurs. Je demande que les commissaires de section soient chargés d'envoyer des ingénieurs ou des architectes pour présider à ces travaux (...). Il faut que l'Assemblée règle les mouvements du peuple, si elle veut prévenir les plus grands malheurs" (Fauchet). M. Fauchet a peur que la contestation du pouvoir royal ne dérape vers une remise en question du nouveau pouvoir de la République. Pour le représentant Thuriot il faut faire de ce bronze des canons et de la monnaie car "il faut que l'Assemblée montre dans ces circonstances un grand caractère et qu'elle ne craigne pas d'ordonner la suppression de tous ces monuments élevés à l'orgueil et au despotisme". Pour Albitte "il faut enfin déraciner tous les préjugés royaux" et il demande l'érection de statue de la liberté à la place des statues équestres. Dans le Loir-et-Cher, les sans-culottes détruisirent la statue de Louis XII qui dominait majestueusement la porte principale du nouveau bâtiment du château de Blois. Logée dans une niche gothique au décor flamboyant, elle se détachait sur un semis de fleurs de lys d'or. Elle avait été installée en 1502 lors de l'avènement de ce prince au trône de France. Cette statue en pierre fut brisée et éparpillée afin qu'elle ne puisse être reconstituée (8). Place des Victoires, la statue de Louis XIV avait subi le même sort le 10 août 1792. En 1793, on lui substitua une pyramide en planches, recouverte de toile et sur laquelle furent inscrits "les droits de l'homme" décrétés par la Convention, la liste des départements de la France, et les victoires remportées par les armées républicaines. Puis ce monument fut remplacé, quelques temps avant la Restauration, par une statue pédestre du général Desaix, mort à Marengo.

La remise en selle

En 1815, la statue de Desaix est à son tour fondue pour procurer le bronze de la nouvelle statue de Henri IV qui s'élève sur le Pont Neuf. Pendant les cent jours une statue colossale du Peuple français fut projetée, mais Louis XVIII revenant, c'est une statue de Louis XIV qui trône au milieu de la place (ordonnance du 19 janvier 1816). Détruites dans un premier temps, fondues pour alimenter la fringale militaire, éparpillées en morceaux, les statues équestres réapparaissent donc au XIXe siècle. "De tous les monuments que la reconnaissance et l'amour des peuples ont érigés, il n'en est pas de plus digne de la majesté souveraine qu'une statue équestre" (9). Huyot (1780-1840) déborde de lyrisme et, cet architecte, qui fut chargé de terminer l'Arc de Triomphe, illustre bien le bourgeois parisien du moment. Partout on redresse les statues.

En 1822, Louis XIV est revenu place des Victoires, son coursier se cabre, le héros n'en parait point effrayé. Le roi est vêtu à la romaine, sa physionomie et sa pose annoncent la dignité réunite à la force. Son vêtement laisse percevoir toutes les formes de sa taille. De la main gauche, il tient la bride de son cheval; de l'autre le bâton de commandement. Le 19 mars 1856, Duban (1797-1870) architecte, demande au ministre l'autorisation de réinstaller la statue de Louis XII dans la niche qu'elle occupait à Blois (10). La statue exécutée à Paris fut acheminée à Blois par le chemin de fer, en 1858: le cheval d'acier n'existait que depuis douze ans.

L'homme du XIXe siècle remodèle tout un imaginaire autour de la chevalerie et de la noblesse. IL réinstalle sur les piédestaux les marques distinctives de la classe dirigeante déchue au point que l'on peut se demander si notre vision moderne de la noblesse n'a pas été complètement refaçonné par lui.

 

 

 

(1) AUBER (Ch. A.), Des statues équestres sculptées aux tympans de quelques églises romanes et de leurs significations dans l'Esthétique Chrétienne. Caen, 1865, p. 5, 6.

(2) AUBER (Ch. A.), op. cit., p. 19.

(3) DUBY (G.), Les trois ordres de l'imaginaire, Paris, Gallimard, 1979, p. 366, citant Lancelot .

(4) GRISON, L'escurie de Sieur Grison, 1559, p.2.

(5) LEROY-LADURIE (E.), Le carnaval de Romans, Paris, Gallimard, 1979, p. 214.

(6) BERNANOS, Le crépuscule des vieux, Paris, Gallimard, 12e édition, 1956, 368 p.

(7) Le Moniteur, le mardi 14 août 1792, pp. 229-262.

(8) Arrêté du Département exécuté le jour même, le 20 août 1792, in DAUDIN (P.), La statue équestre de Louis XII au chateau de Blois, 1973, p. 16.

(9) HUYOT, Des statues équestres et particulièrement de celle de Henri IV, 1814, p. 1.

(10) DAUDIN (P.), La statue équestre de Louis XII au chateau de Blois,1973, p. 16.