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LE SOCIAL ET LE BIOLOGIQUE

BIPEDE ET QUADRUPEDE

VERTICALE ET HORIZONTALE

LA PERPENDICULARISATION DE LA SOCIETE

DE L'ANIMAL A L'ANIME

ANNEXE : DE L'ELEVE A LA VETERINAIRE

LES VETERINAIRES ET LEUR BESOIN DE RECONNAISSANCE SOCIALE

(notes)

 

 

"Dressés, nous ignorons la loi du dressage" (1)

CONCLUSION : L' ORDRE PERPENDICULAIRE

A l'aide de coupes partielles, et entrecroisées, nous avons présenté la variété des problèmes, posés par la relation de l'homme et du cheval. Les points çà et là détaillés ont révélé au lecteur la complexité, la multitude des archives et des domaines documentaires concernés par cette relation. Etant donné le parti d'ouverture adopté dès l'introduction de ce travail, nous ne pouvons dans cette conclusion que signaler quelques pistes de réflexion que nos trois axes d'investigation ont permis d'ouvrir.

LE SOCIAL ET LE BIOLOGIQUE

Nous avons vu comment l'acte de dressage du cheval par l'homme, autrement dit la raison cavalière, a influencé l'édification d'une politique de l'élevage du cheval et une politique de la guerre à cheval, autrement dit une double politique relevant d'organismes centralisés sans cesse sollicités par la raison d'Etat.

Le discours organisé par l'homme à l'occasion de sa relation avec le cheval pour mieux le dresser et pour transmettre ce savoir faire, a investi des institutions chargées d'organiser l'élevage du cheval ou responsables de l'organisation militaire. Le discours équestre a ainsi pénétré d'une part une administration ayant pour fonction l'organisation biologique de l'espèce chevaline et d'autre part l'administration ayant pour tâche l'organisation sociale de la guerre à cheval.

La sociologie de ces deux administrations révèle un curieux processus dont nous avons présenté le cheminement historique. Nous avons vu comment ce discours de pouvoir simple entre un homme et un animal s'est introduit et affirmé dans des savoirs, l'un biologique et l'autre social. Ces derniers en se constituant ont sécrété des institutions de plus en plus massives, coercitives et réglémentées.

Le social et le biologique entrant en interférence, les hommes ont projeté sur l'espèce chevaline les caractères d'une organisation sociale et ont ainsi créé des races distinctes selon les utilités par ailleurs ils ont essayé d'organiser en race, des groupes sociaux particuliers notamment la cavalerie, selon une échelle très variée des valeurs morales.

BIPEDE ET QUADRUPEDE

En obligeant le cheval à se soumettre à la volonté du cavalier selon des critères formels, l'homme révèle une dynamique dont il faut rechercher l'explication en dehors de l'équitation. La théorie équestre a développé des doctrines de dressage qui avaient pour objectifs de faire d'un quadrupède un être à l'image de l'homme un bipède.

Les démonstrations de Leroi-Gourhan dans "le geste et la parole" rendent compte magistralement de l'évolution de l'espèce humaine vers la verticalité déterminant ainsi la formation cérébrale de l'homme (2). Vigarello, quant à lui, a montré dans "le corps redressé" l'importance de l'obsession de la rectitude dans l'histoire moderne (3).

Une fois constatée l'importance de la verticalité dans l'évolution de l'humanité, le paléontologue souligne l'immense influence de la station debout dans l'organisation des sociétés, l'historien s'applique a dégager dans l'histoire récente l'utilisation disciplinaire obsédante de la rectitude.

L'étude de la relation de l'homme et du cheval peut donner sur ce chapitre quelques références supplémentaires et apporter des éléments nouveaux à l'anthropologie historique.

En relevant l'encolure du cheval, en lui ramenant du bout du nez vers son poitrail et en lui demandant de se dresser sur ces deux membres postérieurs, l'homme instruit l'animal de la manière dont l'espèce humaine s'est constituée en tant que telle. Deux critères sont retenus pour définir la place des vertèbres dans la hiérarchie de l'évolution celui de l'axe vertébral et celui de l'axe oculaire. L'homme se définit par une perpendicularité entre ces deux axes, le premier se rapprochant de la verticale. C'est cette station verticale accompagnée de la perpendicularisation de l'axe " oculaire que l'homme désire imposer à sa plus noble conquête ".

VERTICALE ET HORIZONTALE

L'idée avancée ici sur le dressage du cheval n'exclut pas que le débat équestre de l'homme avec le cheval soit multiple et contradictoire.

La verticalité recherchée par le dresseur du cheval relève de deux registres inverses qui brouillent leur élucidation.

L'homme en dressant le cheval fait un effort "sur-humain" d'extériorisation ce dressage est l'occasion pour lui de prendre conscience des aptitudes qu'a son corps à maîtriser un autre corps. Ce faisant, l'apprentissage du pouvoir s'effectue par un apprentissage corporel. Comme le dit Foucault le pouvoir c'est la conduite de la conduite. Le cavalier apprend son autorité en affrontant les résistances du cheval et en se soumettant l'animal.

Le second registre relève plus du rôle social que le cheval jouait vis à vis des "piétons". Assez curieusement le quadrupède affirme l'autorité du bipède qui le chevauche envers les autres "bipèdes". Le cheval portant le maître doit présenter une attitude de commandement. Le dressage ne consiste donc pas seulement à soumettre le cheval, mais à lui donner l'attitude du maître. A titre d'exemple, dans toutes les peintures représentant le roi à la guerre on peut distinguer celui-ci grâce à la courbette qu'effectue son cheval. Autrement dit le cheval royal se reconnaît car il se bipédise, ne serait-ce que l'instant d'un regard immortalisé par le peintre (a). Le cheval, bien que soumis au maître, doit exprimer aussi qu'il est le cheval de commandement.

Intime et proche du maître, le cheval n'en reste pas moins un animal, répondant dès lors entièrement au projet d'affirmation de l'humanité. La relation de l'homme avec l'animal se passe de mots, puisque le cheval ne comprend du langage humain que les brèves interjections que Grisone avait déjà recensées au XVIème siècle. Servant aux hommes et non aux chevaux, le discours équestre met en fait en place une gestuelle du commandement dont l'on peut penser qu'elle prédispose à agir sur ses congénères (b).

LA PERPENDICULARISATION DE LA SOCIETE

Dupaty de Clam avait parfaitement saisi cette figure archétype du commandement une horizontale soumise à une autorité verticale, s'entrecroisant en toute logique de manière perpendiculaire. Dans la relation, toute physique, de l'homme au cheval la recherche de cette perpendicularité est inlassablement remise en cause par des déséquilibres de chevauchement des deux corps.

Le dressage des institutions a l'avantage de présenter en théorie moins d'instabilité puisque s'il y a déséquilibre, c'est par un manque d'ordonnancement. Le développement des institutions peut-être analysé selon cet art du dressage. Ayant occupé une place considérable dans la société, le cheval a naturellement offert des exemples aux hommes chargés d'administrer des domaines de l'intervention de l'Etat, particulièrement ceux qui avaient affaire au cheval l'érection d'une hiérarchie verticale perpendiculairement à l'axe uniforme et horizontal des obéissants. L'élevage du cheval n'a pu produire des chevaux adaptés pour la guerre, le luxe ou le travail de la terre, que lorsque l'administration des haras possèdait une hiérarchie d'inspecteurs et de praticiens imposant un langage uniforme de référence, fondé en fin de compte sur la notion de "sang". Dans la cavalerie, la perpendicularisation s'est imposée comme le seul moyen de faire appliquer des ordres s' écoulant tout au long de la hiérarchie pour atteindre l'uniformité des exécutants. Avec ce fonctionnement est apparue la notion de "moral". Le sang, le moral, deux principes énergétiques qui font se mouvoir ces vastes ensembles.

DE L'ANIMAL A L'ANIME

Un problème immense hante les sciences humaines, c'est l'animalité. La théorie a commencé à s'imposer dans les rapports de pouvoir, où elle a limité, sans toutefois l'évincer, le pouvoir physique. La pensée juridique est parfaitement consciente qu'elle s'est constituée à l'encontre des rapports dits "de violence" (4).

Le passage du "corps du roi" (Première partie) au "corps social" (deuxième partie) ne fut possible que grâce au rôle grandissant dans les rapports sociaux d'un autre quatrupède la machine.

Le jacobinisme, à la charnière de deux époques assure la filiation historique de la vision perpendiculaire de l'organisation sociale. Ce faisant il se fait le cavalier du nouveau quadrupède. Nous sommes d'accord avec François FURET lorsqu'il écrit dans son ouvrage sur la révolution française "la clé secrète du jacobinisme c'est la "machine" cachée dans l'ombre du "peuple". C'est l'étude des lois et des mécanismes par lesquels des sociétés d'égaux ont constitué imaginairement la réalité historique, et l'ont "agie", si l'on peut dire par l'intermédiaire de petits groupes militants, spécialistes de cette surréalité. Car le prix payé à la fiction de la démocratie pure, l'envers de l'idéologie, c'est la toute puissance qui préfabrique le consensus et en monopolise l'exploitation" (5).

Gouverner, ce n'est plus contrôler l'animal mais agir sur les délicats mécanismes qui animent la société qui la font se mouvoir à la manière des automates de Vaucanson.

La machine a peu à peu détrôné le cheval et l'a délogé de sa place centrale dans l'organisation socio-économique. Il faudrait pour la période historique considérée ici, établir en parallèle le cheminement de la représentation machinique dans la pensée politique sociale du XVIIème et XVIIIème siècle, et son avènement dans la société du XIXème et XXème siècle.

Nous emprunterons le mot de la fin à Stendhal qui, dans Lucien Leuwen témoigne déjà du divorce entre savoir équestre et savoir social dans une société trop policée.

"Qu'est-ce qu'un jeune homme qui ne connaît pas les hommes ? qui n' a vécu qu'avec des gens polis, ou des subordonnées, ou des gens dont il ne choquait pas les intérêts ? (...) il n'a point éprouvé l'effet des autres avec lui-même, il n'est sûr de rien ni sur les autres, ni à plus forte raison sur soi-même. Ce n'est tout au plus qu'un brillant "peut-être". Que sait-il au fond ? Monter à cheval, parce que son cheval n'est pas poli et le jette par terre s'il fait un faux mouvement. Plus sa société est polie, moins elle ressemble à son cheval, moins il vaut" (6).

L'homme qui monte à cheval chevauche la bête. Ce faisant le cavalier dialogue avec l'animalité. La capacité d'une telle maîtrise développe une acuité particulière qui est celle de reconnaître dans la société la part faite à l'animalité, ce fond commun de l'humanité. Le pouvoir ne serait-il pas la capacité d'un homme à gérer son animalité et celle des autres ? Si cela est, l'art équestre fut bien un art de gouverner.

 

 

ANNEXE : DE L'ELEVE A LA VETERINAIRE

Au XIXe le mot vétérinaire sert à désigner généralement celui qui traite, soigne et "gouverne" tous les animaux domestiques, et la science qui enseigne cette connaissance. "L'étymologie de ce mot est vague et différente selon les auteurs. On a proposé plusieurs dénominations pour le remplacer. Dans les régiments de cavalerie, on appelle improprement "artiste" le vétérinaire qui n'y est pas ainsi beaucoup mieux dénommé, car il n'est réellement qu'hippiatre, c'est-à-dire chargé de la cure des chevaux malades. Hippiatrique, d'où hippiatre, vient du grec, et signifie médecine du cheval. Nous restreignons ici le sens de ce mot à celui de l'action médicale car en donnant au mot de médecine toute l'extension qu'on pourrait lui prêter, quelle action alors des êtres vivants ne rentrerait pas dans l'intérêt de leur santé, et où seraient les bornes de la médecine ?" (7).

Au XVIe siècle, ne pouvait être soigné que ce qui avait une âme.

Les animaux n'ayant pas d'âme, l'art de les guérir eut toute les peines à s'imposer aux tenants de la médecine hippocratique. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que se compose progressivement un art vétérinaire légitimé par les écuyers. L'art vétérinaire s'impose grâce à son développement préalable au sujet du cheval. Ceci pour une raison très importante le cheval est suspecté de vertu, dont normalement seul l'homme est dépositaire. L'esprit médical de la fin du XVIe et du début du XVIIe considère dans son ensemble que l'art de guérir les animaux est sans fondement. Voici comment le médecin Guillemeau l'exprime dans un pamphlet dirigé contre son collègue Héroard, de la faculté de Paris, qui avait commis le sacrilège d'écrire un traité, d'anatomie du cheval et qui consacrait ses loisirs à l'art vétérinaire "Il faut le comparer, dit-il, avec ces sorcières de Scythie, appelées Bythies avec cette race de Thibiens Pontiques dont Plutarque écrit à Pline, qu'ils avaient dans un oeil deux pupilles et dans l'autre la figure d'un cheval, ce qu'un ami de la médecine peut bien dire d'un médecin cheval, d'un archi-âne tel qu'Héroard" (8).

Il faut croire que cet archiâne, et sa passion pour les chevaux, était apprécié des monarques puisqu'il fut médecin de Charles IX, de Henri III, de Henri IV et surtout de Louis XIII. Héroard (1551-1628) aurait commis l'outrecuidance d'étudier l'anatomie du cheval. C'est Ambroise Paré qui l'aurait présenté à Charles IX en disant "Sire, je vous amène ainsi que vous me l'avez demandé un futur médecin de cheval". Charles IX lui a demardé d'approfondir ce qu'est l'art vétérinaire "duquel subject principal est le corps du cheval". Héroard se passionna pour ce corps et le corps du souverain. Si de 1601 à 1628 il rédige un journal qui rassemble ses constatations quotidiennes sur la santé, la croissance, la mentalité et la psychologie du jeune Louis XIII, il avait rédigé en 1595 "L'Hippostologie, c'est-à-dire discours sur les os du cheval".

L'exemple d'Héroard confident de Louis XIII, tant des mots que du corps, illustre bien la profonde intimité que les monarques entretenaient avec leurs chevaux. Leurs chevaux auxquels ils prêteront bientôt la vertu, donc une âme. Pour Héroard, l'introspection du cheval était aussi légitime que celle du roi. La médecine trouvait là le fondement de ses futurs développements utiliser le corps pour édifier un savoir dont l'efficacité érigera un contrôle social universalisant. Ce regard médical s'intéressant au corps du pouvoir ne pouvait aucunement se détourner du corps du cheval, l'art vétérinaire s'y emploiera.

Au milieux du XVIIIème siècle, l'animal devient un être biologique en continuité avec l'homme. Voici comment Buffon affirme l'intérêt de l'explication d'un art vétérinaire :

"Je ne puis terminer l'histoire du cheval sans marquer quelque regret de ce que la santé de cet animal utile et précieux ait été jusqu'à présent abandonnée aux soins et à la pratique, souvent aveugle, de gens sans connaissances et sans lettres.

"La médecine que les anciens ont appelée "médecine vétérinaire", n'est presque connue que de nom. Je suis persuadé que si quelque médecin tournait ses vues de ce côté-là et faisait de cette étude son principal objet, il en serait bientôt dédommagé par d'amples succès que non seulement il s'enrichirait, mais qu'au lieu de se dégrader, il s'illustrerait beaucoup et cette médecine ne serait pas si conjecturale et si difficile que d'autre. La nourriture, les moeurs, l'influence du sentiment, toutes les causes en un mot, étant plus simples dans l'animal que dans l'homme, les maladies doivent aussi être moins compliquées et par conséquent plus faciles à juger et àtraiter avec succès; sans compter la liberté qu'on aurait toute entière de faire des expériences, de tenter de nouveaux remèdes, et de pouvoir arriver, sans crainte et sans reproches, à une grande étendue de connaissances en ce genre, dont on pourrait même par analogie tirer des inductions utiles à l'art de guérir les hommes" (9).

On peut voir dans la création des écoles vétérinaires en France en 1762 et 1765 un acte décisif dans la chute d'un système de pensée celui qui reposait sur la séparation du corps et de l'âme, où l'âme ne pouvait exister que pour, et dans, l'homme. Suivant cette pensée toute cartésienne, l'âme n'ayant qu'une fonction, qui est le jugement, il est impossible d'admettre une âme animale, puisque nous n'avons aucun signe que les animaux jugent, incapables qu'ils sont de langage et d'invention (10).

Bourgelat, en créant les écoles royales vétérinaires, voulait que les "portes des Ecoles soient sans cesse ouvertes à tous ceux qui, chargés par état de veiller à la conservation des hommes, auront acquis par le nom qu'ils se seront fait le droit d'y venir interroger la nature, chercher des analogies et vérifier des idées dont la confirmation ne peut qu'être utile àl'espace humaine". En disant cela, Bourgelat reprend l'idée de Buffon écrite en 1753 dans Histoire naturelle générale le cheval peut aider à la compréhension de l'homme.

Bourgelat, qui n'est pas médecin, mais écuyer, organisa des écoles, s'occupa exclusivement à soigner les animaux. Il est évident qu'il ne peut le faire que grâce à sa qualité d'écuyer du roi, ayant tenu Académie à Lyon.

Il avait acquis là une profonde connaissance des chevaux comme tous les honorables écuyers du roi. Si en 1789, l'académie équestre d'Ainay qu'il avait confiée à des élèves fermait ses portes, en revanche les écoles vétérinaires prenaient un essor inconnu jusqu'alors. Ceci ne se passa pas sans heurt et tension. Pour donner une idée tout de même des railleries dont il fut l'objet, il faut rappeler que Bourgelat qui donnait une base aussi scientifique que possible aux enseignements dut l'abandonner car il lui était reproché de détourner les jeunes gens de la forge et de la ferrure. De surcroît, comme il plaçait son enseignement sous le signe des Lumières, on ne lui pardonnait pas de pousser les élèves à abandonner les campagnes pour s'installer dans les villes. Ses adversaires ont des opinions très arrêtées sur la formation des soigneurs d'animaux, que l'on appelait alors "hippiatre" ou "maréchal" ceux-ci ne doivent et ne peuvent être que des maréchaux ferrants.

Ainsi, pour l'ennemi irréductible de Bourgelat, E.Lafosse, c'est aux artisans de la ferrure qu'il faut faire appel; il faut compléter leur instruction et leur apprendre le traitement des maladies aussi bien que la pratique de la chirurgie. Pour les ennemis de l'écuyer Bourgelat, "la base du chirurgien vétérinaire est la ferrure" ... en général, "il n'est pas absolument nécessaire qu'un maréchal possède la fine anatomie, il suffit qu'il sache ce qui peut être coupé ou non..., qu'il connaisse à fond le pied du cheval; tout le reste est inutile..." (11).

Bourgelat souffre de ces critiques et abandonne un peu la formation scientifique de ses élèves. Il est très conscient du fait qu'il faut donner à la campagne des praticiens d'autant plus nombreux que les communications sont partout difficiles. Les intentions de Bourgelat dans leur nécessité furent confirmées par les rapports faits à la Convention après sa mort. En effet, on en arriva alors à la conclusion qu'il était urgent de former environ trente mille maréchaux vétérinaires indispensables pour le territoire (12).

Bourgelat cèdera aux pressions et n'orchestrera plus ses écoles que pour des jeunes "enfants du commun" "fils de maréchaux honnêtes" sachant lire et écrire, au détriment des enfants de la noblesse. Néanmoins comme écuyer, il enseigne exclusivement la médecine et la chirurgie du cheval. Il ne comprendra pas que les maladies des autres animaux puissent intéresser les souverains autant que celles du cheval. Bourgelat reste malgré son initiative institutionnelle un homme du XVIIIème siècle : seul le cheval pouvait avoir de l'intérêt puisque il est "la plus noble conquête de l'homme" et qu'à ce titre, on le soupçonne d'avoir une "vertu".

Bourgelat, "encyclopédiste", créa les écoles vétérinaires, car il voulait donner une institution à un savoir qui lui en semblait digne l'art de guérir le corps du cheval. Ce savoir, véhiculé depuis longtemps par les écuyers du roi, ne se séparera de l'art équestre que sous l'influence grandissante de la pensée mécaniste qui triomphe à l'époque. L'art équestre se scinde. Bourgelat affronte la corporation des médecins qui refusent un savoir sur le solipède. Il affronte aussi les praticiens maréchaux qui voient dans le sabot les limites exclusives de leur art. Bourgelat s'impose difficilement mais ses efforts seront soutenus et feront date grâce à l'aide toute puissante de l'intendant Bertin, devenu ministre.

La Convention examine de nombreux projets de réforme de l'enseignement vétérinaire selon les vues des "maréchaux". Le projet Chabert et Flandin qui demande la création d'une école supérieure à Paris et de ving-six écoles provinciales dont les élèves remplaceront les vingt-cinq mille maréchaux qui ferrent et soignent les animaux. L'école de Paris comporterait huit chaires anatomie et physiologie matière médicale et botanique; éducation des animaux ferrure et roulage; opérations et maladies; maladies contagieuses et épizooties; équitation. Vitet, médecin (1736-1809), passionné de l'art de guérir les animaux, maire de Lyon et représentant du peuple, inspira la loi du 29 germinal an III (18 Avril 1795), qui institue deux écoles d'économie rurale, une à Lyon, l'autre à Versailles. Ces deux écoles s'organisent sur le même schéma un directeur, six professeurs et six répétiteurs. Trois chaires sont consacrées à l'étude générale de l'anatomie, de la pharmacie, botanique et matière médicale et de la ferrure, trois autres sont spécialisées dans l'élevage (équidés, bêtes à cornes, bêtes à laine (13). Si le cheval conserve une place prédominante, et ce pendant tout le XIXe, dans les écoles vétérinaires cet art s'intéressera de plus en plus aux autres bestiaux.

Le mode de recrutement des écoles reste sur les bases du compromis de Bourgelat. D'une façon générale, les élèves diplômés ne se distinguent en rien, dans leur art, des praticiens des campagnes. Dans les villes, les nouveaux diplômés ne se voient guère reconnus et leur situation sociale reste inchangée.

En 1801, un jeune médecin, ayant fait ses études à l'école vétérinaire de Lyon, puis à la faculté de médecine de Paris, édite un ouvrage (14) où il signale l'erreur de conserver un recrutement basé sur l'envoi dans les écoles de "bons maréchaux".

François Aygalenq dit aussi que ce recrutement d'élèves sachant à peine lire et écrire, ne peut favoriser un enseignement tourné vers les connaissances médicales. Mêmes les meilleurs éléments sont ennuyés par leur défaut de connaissance en maréchalerie.

Avec l'avènement de Napoléon, les écoles d'économie rurale vétérinaire deviennent "écoles impériales vétérinaires".

Napoléon déplorait le niveau trop bas de l'enseignement vétérinaire voici comment Montalivet (1766-1823), ministre de l'intérieur en 1809, rapporte sa pensée "Il n'est pas douteux qu'un projet qui tendrait àdonner de la considération aux vétérinaires et à leur assurer des avantages n'en multipliât le nombre et ne finît pas à substituer assez généralement des hommes instruits aux ignorants et aux charlatans auxquels la plupart des campagnes et beaucoup de villes sont encore malheureusement livrées. Votre Majesté en étendant le nombre des écoles et en créant une faculté, marche vers ce but important et grâce à de semblables dispositions, on peut espérer de voir un jour s'opérer dans l'art vétérinaire la même révolution que les temps précédents ont heureusement éprouvée pour la médecine et la chirurgie" (15).

Un décret réorganise les écoles vétérinaires le 15 Janvier 1813 les médecins-vétérinaires forment une partie du contingent, les maréchaux vétérinaires l'autre.

Les préfets sont autorisés à appointer un médecin-vétérinaire, et les services de l'Etat ne peuvent désormais recourir qu'à des praticiens diplômés. On favorise les éventuelles carrières de vétérinaires militaires par la gratuité; par ce biais la profession devient une véritable voie d'ascension sociale. La réputation de l'école vétérinaire d'Alfort date de l'époque impériale.

L'ordonnance du 1er septembre 1825 rétablit en principe l'égalité des écoles et prévoit l'attribution, finalement, d'un seul diplôme de vétérinaire après quatre années de scolarité.

En 1838, la retraite de l'inspecteur général des écoles vétérinaires, Huzard âgé de 82 ans, marque la fin d'une époque. Le programme de 1843 réclame toujours aux élèves de savoir "forger en deux chaudes un fer à cheval". Mais les efforts pourtant ne manquent pas pour relever le niveau de culture générale des élèves. Le directeur de Alfort, Renault (1805-1863), recherche la constitution d'une élite, et veut assimiler la médecine vétérinaire à la médecine humaine. Il est certain que Renault n'appréciait guère le rôle social inférieur que les médecins attribuaient aux vétérinaires. Ce problème d'identité n'est pas résolu et après le Second Empire, l'enseignement des écoles abandonne la politique de "Renault pour se tourner vers l'élevage".

 

 

"Le vétérinaire est une science profonde; le peu de cas qu'on en fait ici, jusqu'à présent, ne lui ôte rien de son importance ni de son mérite assez reconnus et appréciés ailleurs; elle ne peut donc être du ressort ni à la portée d'un esprit vulgaire; la maréchalerie est tout simplement un état qui n' exige que de la force physique et de l'intelligence; vouloir donc réunir deux choses, si opposées, chez le même individu, c'est une absurdité ! soyons de bonne foi comment voulez-vous qu'un homme, obligé de passer la journée près de son enclume, où d'un bras nerveux il fera fléchir le fer, puisse se livrer à une étude suivie ou bien qu'il soit opérateur habile, dans des cas, souvent difficiles, qui exigent d'un poignet des mouvements doux, légers et bien conduits ? Un vétérinaire n'est-il pas obligé de sonder quelquefois les parties les plus délicates du corps animal ? n'est-il pas appelé quelquefois à aider un accouchement difficile ? que ferait, dans des cas semblables, le maréchal ferrant de son bras de fer, de ses doigts crochus et endurcis par le travail le plus rude ? il estropiera pour le moins la mère et l'extrait s'il ne les blesse pas tous deux mortellement ! Non seulement l'expérience l'a déjà assez prouvé, mais le bon sens seul nous dit que celui qui passe son temps à la forge, à manier le fer, ne peut prétendre à devenir ni théoricien consommé, ni practitien adroit. Non, il faut que le gouvernement, s'il a vraiment à coeur l'intérêt de la chose, intervienne pour couper court aux erreurs, aux abus, aux fausses mesures de ce genre, cela est nécessaire s'il veut former et suivre un plan plus régulier pour accélérer la réussite de ses bonnes intentions. Ne serait-il pas bien facile, par exemple, de créer une loi qui défendit catégoriquement à tout maréchal-ferrant, grand ou petit, de ville ou de village, toute médication, toute application de remèdes et de spécifiques ? par là on commencerait par se mettre à l'abri de nouveaux maux, et ce premier pas serait déjà d'une grande importance" ("L'Amazone", le 14 avril 1844.)

 

 

Pendant toute la fin du XIXe siècle, on cherche à améliorer le recrutement des écoles. Différents décrets s'esquissent. Puis le 18 février 1887, Jules Develle, ministre de l'agriculture exige un diplôme de bachelier pour être admis dans les écoles vétérinaires. Dès l'année 1890, le ministre avait signé un décret malgré l'opposition de son administration. L'arrêté du 1er avril 1890 fixe à nouveau la répartition des matières enseignées entre les huit chaines suivantes anatomie, physiologie, physique et chimie; maladies contagieuses, police sanitaire, jurisprudence et inspection des viandes; pathologie médicale et anatomie pathologique, pathologie chirurgicale, obstétrique et ferrure; histoire naturelle, hygiène et zootechnie.

En 1898, le parlement dote les Ecoles d'une chaire de pathologie du bétail et d'obstétrique, puis il crée une chaire d'anatomie pathologique. Il faut attendre le 5 Juin 1924 pour que les écoles soient reconnues pour la première fois comme "établissements d'enseignement supérieur".

Les vétérinaires, dès la fin du XIXe siècle, connaissent une période plus faste accentuée par l'utilisation immédiate des découvertes de la médecine humaine que les premiers intéressés dédaignent quelque peu. Les épizooties sont successivement enrayées grâce à des législations adaptées provoquant la création de services vétérinaires hiérarchisés.

Les législations sanitaires élaborées nécessitent un corps de hauts fonctionnaires spécialisés recrutés dans le corps vétérinaire. Dans l'armée, les vétérinaires experts sanitaires deviennent des collaborateurs indispensables du commandement, en paix comme en guerre.

Bourgelat mit son nom sur la création des écoles vétérinaires, mais mieux que créateur il est le réalisateur d'un savoir épars dans la France et dans l'Europe des lumières. L'institutionalisation du savoir vétérinaire se réalisa en priorité dans la France des lumières et Frédéric II, malgré toute sa puissance despotique ne parvint pas à dépasser les réticences de son "peuple", envers le corps de l'animal. Par exemple, l'équarisseur , celui qui s'occupe des cadavres des animaux, est un personnage social honni, proche du bourreau, dont il peut être éventuellement le remplaçant.

La France, au XVIIIe siècle a au contraire un esprit plus enclin à appuyer les observations nouvelles sur les animaux. Bourgelat ne se propose pas seulement de dispenser une instruction professionnelle, mais aussi d'apporter aux naturalistes et aux médecins des possibilités nouvelles d'investigation.

Il veut "que toutes les portes des écoles soient sans cesse ouvertes à tous ceux qui, chargés par état de veiller à la conservation des hommes, auront acquis, par le nom qu'ils se seront fait, le droit de venir interroger la nature, de chercher les analogies et vérifier des idées dont la confirmation "ne peut qu'être utile à l'espèce humaine" .

A Ferney, Voltaire écrit à Bourgelat, le 18 mars 1775 à propos des animaux et plus précisément dans ce passage, à propos du cheva "Les animaux, nos confrères, méritaient un peu plus de soins, surtout depuis que le seigneur fit un pacte avec eux, immédiatement après le déluge. Nous les traitons, malgré ce pacte avec presque autant d'inhumanité que les Russes, les Polonais, et les moines de France-Comté traitent leurs paysans" (16).

Le vétérinaire comme le médecin devient au XIXe siècle un contrôleur social de première envergure.

L'animal, la bête, présente dans tous les rouages de la société, longtemps occultée, reprend un rôle de premier plan. Une médecine sociale ne pourrait se passer de la connaissance des facteurs sociaux, de même une réforme agraire ne peut ignorer la zooprophylaxie , c'est-à-dire l'ensemble des moyens capables de garantir contre les maladies, et leur dissémination dans les populations animales. Les vétérinaires ont eu un grand besoin de reconnaissance sociale.

LES VETERINAIRES ET LEUR BESOIN DE RECONNAISSANCE SOCIALE

Pour améliorer le cheval en France, le véritable moyen pour Legros, vétérinaire et directeur de "l'Amazone", serait "d'ouvrir une ère nouvelle à la vétérinaire; d'en former un corps surveillé, protégé, honoré comme celui de la médecine" (17). Pour cela, il faut instruire plus sélectivement les vétérinaires.

E. Thierry (1839-1907) est diplômé d'Alfort en 1861. Pendant treize années, il exerça son art dans l'Aube puis s'établit à Tonnerre avec son père, lui aussi vétérinaire. Il se fixa plus tard à Paris pour diriger la "Gazette du Village". Il était associé national à la société centrale de Médecine Vétérinaire et correspondant à l'académie de médecine.

En 1868 est édité le livre du Docteur Delfau qui s'intitule "Déontologie Médicale devoirs et droits de médecins vis-à-vis de l'Autorité, de leurs confrères et du public". Le livre donne l'idée à Thierry d'en écrire un analogue en l'adaptant à la profession vétérinaire. Il avoue qu'il en a été souvent l'imitateur, et même le copiste. La deuxième référence est la thèse du Docteur Tenting soutenue en 1848, dans laquelle notre vétérinaire a "puisé à pleines mains". Enfin, il rappelle que toutes ses connaissances sur les droits et devoirs vis-à-vis de ses confrères et du public lui ont été transmises par son père. L'objectif central de Thierry est de prouver que les vétérinaires sont dignes d'occuper un rang plus élevé que celui qui leur est dévolu dans la société du second empire. En quinze chapitres, Thierry fait le tour des fonctions, problèmes et ambitions du corps des vétérinaires français.

Thierry commence par définir le "devoir", qui est une notion précise du "bien à faire" et du "mal à éviter". Pour lui, l'intérêt collectif des hommes qu'une même profession réunit ne saurait être en opposition avec l'intérêt social. Il rappelle que c'est en faveur du malade et non en faveur du médecin que l'Etat prévoyant a délégué entre les mains du docteur, de l'officier de santé, ou du vétérinaire, "le monopole gradué de l'art médical". Ainsi le vétérinaire revendique un statut analogue à celui du médecin, et surtout, il désire partager leur fonction de contrôleur social."

Les devoirs du vétérinaire sont d'autant plus importants, dit-il, qu'ils ont de nombreux points de connexité avec ce qu'il y a de plus grand, de plus sacré au monde la justice" (18). Où placer "le vétérinaire" dans la hiérarchie sociale ? Thierry cite Lafosse disant que "après la médecine et la chirurgie, la maréchallerie est sans contredit la profession la plus utile à l'Etat, puisqu'elle a pour objet la conservation du cheval, l'animal dont l'homme tire les services les plus réels et les plus importants" (19).

Au début, le cheval est tout pour le vétérinaire, mais très progressivement c'est l'agriculture toute entière qui sera sa compagne: "chacun sait ce qu'est un vétérinaire, particulièrement à la campagne. C'est un homme actif, travailleur, intelligent, désintéressé, obligé de supporter des fatigues incessantes pour courir de tous côtés porter secours de son talent et de sa science à l'agriculture" (20). De cela les vétérinaires sont devenus des notables et jouissent dans les localités rurales d'une certaine considération. Mais Thierry rappelle incessamment, et affirme sans hésiter que "si nous ne sommes pas appréciés comme nous le méritons c'est trop souvent notre faute, notre très grande faute(...) Je sais très bien et par expérience que le public est toujours disposé à nous imputer la mort d'un malade confié à nos soins; je sais très pertinemment que, dans la pratique des opérations et en particulier de la castration, un insuccès n'est pas pardonné au chirurgien, mais est-ce une raison pour se décourager ?" (21)

Se décourager ? pour Thierry, non, il ne faut pas et pour remédier aux erreurs, il propose de s'instruire afin d'échapper à l'empirisme. Thierry est hanté par l'empirisme. Il regrette que les vétérinaires ne puissent empêcher les propriétaires d'appeler l'empirique ou de consulter le charlatan. Il se plaint même de l'existence de charlatans parmi les rangs de ses honorables confrères ce guérisseur qui a le talent de tromper le public pour gagner de l'argent.

Des projets étaient publiés pour faire du vétérinaire un fonctionnaire. C'était à la mode à la fin du Second Empire de trouver une solution au problème déontologique en prônant le fonctionnariat. Mais Thierry n'en veut pas, car il trouve que cela serait trop facile d'agir de cette sorte. S'il ne veut pas entendre parler du fonctionnariat qui cautionnerait indifféremment charlatans et vétérinaires. Thierry est conscient que le vétérinaire a des devoirs à remplir vis-à-vis de l'autorité. Des devoirs qu'il définit lui-même, pour lui-même, car le vétérinaire est et se veut un contrôleur social.

 

 

 

(a) "Quand il part l'idée est sa cible

       Quand il se dresse, crins au vent,

       L'ouverture de l'impossible

       Luit sous ses deux pieds de devant".

HUGO (Victor), Chansons des rues et des bois, chez Garnier, Paris, 1966, dans "le cheval", p. 42.

(b) Il va de soi, comme disait le cavalier Montaigne, qu'aussi haut que l'homme peut-être situé dans la hiérarchie sociale, il ne reste cependant assis que sur son cul. Chose que ne peut éluder facilement un cavalier, mais qu'un moderne homme d'Etat peut parfaitement oublier, dès lors que la métaphore équestre ne recouvre plus qu'un rapport abstrait, ainsi qu'il apparaît dans ce passage d'un discours de Georges MARCHAIS à l'Assemblée Nationale : "Personne n'est plus attaché que les communistes français à l'unité nationale (...). Mais le consensus social, c'est tout autre chose, c'est l'alliance du cheval et du cavalier, de l'exploiteur et de l'exploité. De ce consensus-là, nous ne voulons pas, je le répète ici : c'est non, c'est résolument non !" (applaudissements sur les bancs communistes). (J.O. n° 75, p. 8265, Débats Assemblée Ntionale, le 16 octobre 1979).

(1) LEGENDRE (Pierre), Le plaisir d'être un autre, Paris, Seuil, 1979, p.72.

(2) LEROI-GOURHAN (André), Le geste et la parole, Paris, Albin Michel, 1964, 2 volumes, 323 p. et 285 p.

(3) VIGARELLO (Georges), Le corps redressé, Paris, J.P. Delarge, 1978, 399 p.

(4) LEGENDRE (Pierre), Le plaisir d'être un autre, Paris, Seuil, 1979, p. 87 "L'Etat (status) signifie simplement l'inscription légale prenant corps. Nous apercevons là selon le style de la tradition juridique occidentale le fondement initial de l'idolatrie politique".

(5) FURET (François), Penser la Révolution française, Paris, Gallimard, 1978, p. 228.

(6) STENDHAL, Lucien Leuwen, Paris, Gallimard, p. 1077.

(7) FLANDRIN (1.), Nouvel Etat de la question", instruction de la cavalerie, 1854, p. 63.

(8) LECLAINCHE, Histoire de la médecine vétérinaire, 1936, p. 200.

(9) BUFFON, Histoire naturelle générale, 1753, p. 253.

(10) DESCARTES, Discours de la méthode Vème partie, lettre au marquis de Newcastle, 23 nov.1646.

(11) Cité par LECLAINCHE, op. cit., p. 242.

(12) Id., p. 243.

(13) Id., pp. 246, 247.

(14) AYGALENQ (F.), Aperçu général sur la perfectibilité de la médecine vétérinaire et sur les rapports qu'elle a avec la médecine humaine,1801.

(15) LECLAINCHE, op. cit., p. 248.

(16) Cité par LECLAINCHE, op. cit., p. 232.

(17) L'Amazone, 14 avril 1844, p. 2.

(18) THIERRY (A.E.L.), Déontologie vétérinaire, Paris, 1876, p. 25.

(19) LAFOSSE, Guide du Maréchal, Paris, 1768.

(20) THIERRY, op. cit., p. 50.

(21) Id., p. 53.