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 ·  introduction ·  I ·  II ·  III ·  IV ·  V ·  VI ·  VII ·  VIII ·  IX ·  X ·  XI ·  XII ·  conclusion ·  bibliographie ·

 

I - REGLEMENTER LES CROISEMENTS

1. le réglement de 1717

2. La surveillance les croisements

3. Le cas du Limousin

II - LA RECHERCHE DU CHEVAL TYPE

Claude Bourgelat

III - L'ADMINISTRATION DOIT-ELLE CHOISIR L'ARABE OU L'ANGLAIS ?

1. Le plan de Préseau de Dompierre

2. L'arabe ou l'anglais

3. La fin des haras

ANNEXES DU CHAPITRE V : LE CHEVAL par Buffon

EXPLICATION DU TABLEAU GENEALOGIQUE DU HARAS DE LA FRANCE

(notes)

 

 

CHAPITRE V - LES CRITERES DE L'ELEVE

L'intervention du pouvoir royal dans l'élevage du cheval va s'accentuer au XVIIIe. En plus d'une administration de plus en plus tatillonne sur les problèmes d'organisation de la reproduction, un modèle idéal de cheval à produire va être recherchée. L'administration de l'élevage sélectionnera des étalons ayant des formes extérieures particulières qui se veulent adaptées aux conditions locales de reproduction. Elle élabore des critères d'élevage et tente laborieusement de les imposer.

Négligé au début du siècle, le cheval arabe devient peu à peu le modèle idéal. En opposition avec cette quête administrative, une partie de l'aristocratie qui répugne absolumment à la reprise de l'élevage du cheval par l'administration royale, va chercher outre-manche le cheval "nouveau" et "libéral" qui d'après elle manque à la France. Le cheval anglais sera le modèle anti-administratif accompli.

Après l'exposé des principales réglementations du début du XVIIIe siècle, appaîtra progressivement une théorisation esthétique par les hommes de cheval en référence, ou contre, les critères administratifs.

Un débat s'amplifiera au XIXe siècle entre les critères d'espèces de chevaux arabes et anglais qui montre comment ce conflit va se cristalliser sur deux conceptions de l'organisation sociale et de l'intervention de l'Etat.

I - REGLEMENTER LES CROISEMENTS

Au début du XVIIIè siècle les termes politiques de l'élevage sont reposés par la mise en œuvre du règlement de 1717. La présentation de ce règlement permet de détailler les dispositions que le gouvernement royal essaye d'imposer avec les étalons royaux ce qui le conduit à une surveillance accrue des pratiques. Les tensions produites par ce volontarisme font réagir des éleveurs nobles et souvent cavaliers émérites dans les provinçes françaises. La recherche du beau et les nouvelles connaissances scientifiques favorisent l'idéalisation de certains types de chevaux mais surtout ouvre la voie à une théorisation de la race comme seule susceptible de permettre une organisation complète et unanimiste de l'élevage français. Faut-il encore s'entendre sur les représentations du beau ! y-a-t- il un cheval type ? Des théoriciens s'y exerceront, souvent eux mêmes praticiens de l'art vétérinaire et créateurs de la science vétérinaire.

1. Le réglement de 1717

Le réglement de 1717 permet de se faire une idée de l'importance que le gouvernement attachait à la bonne organisation de l'organisation des Haras :

"Si l'on en juge par les développements donnés aux moindres détails, par le soin à ne rien laisser en oubli, à tout apprendre, à tout exposer, à tout approfondir, à tout raisonner, on peut supposer que les précautions prises et les instructions données allaient à des intelligences peu ouvertes et s'adressaient nécessairement à une classe d'homme ignorante du cheval" (1).

Le règlement du 17 février 1717 est "un acte qui fixe la constitution même des haras, puis un recueil d'ordonnances, de dispositions obligatoires, et un résumé systématique des principes de la science selon les idées du temps" (2)

Un mémoire du "Conseil du Dedans du Royaume" accompagne ce règlement. Il précise aux intendants et commissaires se trouvant dans les provinces que le règlement explique "les intentions du Roy pour les mettre en estat de remplir tout ce que Sa Majesté attendait en cela de leur ministère".

Les intendants des provinces ont mission de mettre en oeuvre la nouvelle politique d'élevage que le mémoire justifie ainsi : " l'épuisement des chevaux dans lequel les dernières guerres ont mis la France, et la nécessité d'y faire renaître l'abondance tant pour l'utilité du commerce intérieur que pour le service des troupes du Roy en paix et en guerre, demanderaient peu de discours pour prouver de quelle importance il est pour le bien de l'Estat de s'appliquer au rétablissement des haras, si l'exemple du passé et le préjudice extrême que le royaume a souffert de l'abandon où ils ont esté par le défaut de secours nécessaires n'exigeaient de traiter la matière en détail, et d'expliquer les règles que l'on doit suivre dans une affaire de cette conséquence, la possibilité dans l'exécution et les avantages qui en résulteront".

Le principe d'intervention générale du gouvernement dans l'élevage du cheval en France s'appuie sur la place essentielle du cheval dans le fonctionnement de la société. Un rappel aux intendants illustre ceci à l'évidence. "MM. les intendants conviendront sans peine que rien n'est plus nécessaire au royaume que l'élève de chevaux de toutes espèces pour ces besoins et que dans les estats les mieux gouvernez, on les y compte au nombre des premières richesses " (3).

Les gardes étalons obtenaient des grâces spéciales attachées à leur qualité et cela leur valait souvent l'envie des autres. Le Roi déclara le 22 septembre 1709, que les intendants devaient remédier autant que possible à ces divers inconvénients, réprimer les abus et garantir ainsi à "l'Etat" les avantages qu'il entendait retirer de toutes les concessions consenties. Le réglement de 1717 en fait dépendre " nécessairement le succès, l'heureuse influence des haras à la jouissance facile et complète des privilèges. "

Il se développa très vite un réflexe de prise de distance du peuple à l'égard de ces hommes privilégiés. L'article 3 du règlement cherche à prémunir les intendants contre l'esprit d'envie qui porte à troubler et à inquiéter les garde-étalons dans leurs privilèges "quoiqu'on leur démontre clairement le bénéfice que leur rapporte l'establissement d'un étalon dans une paroisse. Cette jalousie enfante toutes sortes de mauvaises procédures contre les garde-étalons pour les dégouter de leur employ et de les obliger à se défaire de leurs chevaux, ce qui influe sur toute une élection et empesche les autres habitants de se présenter, dans la crainte de se voir exposez à de semblables vexations" (Article 3).

Le règlement précise que s'il faut prévenir les garde-étalons des vexations, il faut aussi prévenir les garde-étalons du " risque d'abuser des avantages qui leur sont accordés " (article 3). On doit faire entendre aux garde-étalons que dans les règlements, "il n'est aucunement question d'innover rien de contraire à la pleine jouissance de leur privilège, dans laquelle le Roi veut qu'ils soient toujours maintenus". Le règlement rappelle qu'il faut choisir pour garde-étalons des hommes sérieusement disposés à remplir le but de l'institution.

Les juments couvertes par ces étalons étaient souvent la seule valeur appartenant aux fermiers. Elles ne pouvaient plus être saisies pour raison de recouvrement des deniers royaux et dettes de communautés, puisqu'elles étaient "annexées" aux étalons royaux (article 7). Cela représentait un avantage pour ceux qui avaient une jument.

Dans cet ordre d'idée, le règlement recommande très vivement "de ne se donner aucun mouvement pour engager les gentilshommes à prendre les estalons du Roy, par la peine où sont les commissaires de les assujettir aux règlements des haras, outre le mauvais usage qu'ils font d'ordinaire des chevaux de cette espèce, qu'ils emploient le plus souvent à leur service particulier, négligeant pour la plus part de laisser saillir les juments des environs" (article 9).

Le gentilhomme pour lequel est organisée la production du cheval est donc explicitement exclu de l'organisation de l'élevage à la base. L'exclusion des nobles de l'élevage du cheval au cours du XVIIe est confirmée avec force. Traditionnellement comme c'est encore le cas au XVIIIe siècle, le gentilhomme ne chevauche que des mâles dont seul l'exercice équestre démontre la valeur. Cette condition est nécessaire pour la selection avant de confier l'étalon à la reproduction. Ce détour équestre n'est bien sûr plus indispensable en gérant l'élevage avec les garde-étalons fermiers. La saillies des 30 à 35 juments que chaque étalon doit couvrir dans la saison de monte devaient être la seule préoccupation du garde-étalon.

Il est intéressant de souligner cette distribution des rôles entre producteurs et consommateurs que l'Etat impose inexorablement. Tout se passe comme si l'Etat et son administration se voulaient les concepteur et l'éleveur exclusifs du cheval qu'il prévoit de mettre à la disposition de la noblesse.

Quel intérêt le fermier, le laboureur, l'aubergiste et autre, choisi pour être garde-étalons, pouvait-il attendre de l'amélioration d'un animal dont, de leur vie, ils n'avaient ressenti aucune utilité majeure : "on ne produit pas le cheval sans un intérêt quelconque. Or le fermier, le laboureur, l'aubergiste, le cabaretier que préférablement on transformait en garde-étalons, quel intérêt pouvaient-ils prendre à l'amélioration d'un animal dont ils n'avaient aucun besoin et qu'ils ne produisaient ni ne tenaient à leur usage ? Cet intérêt ne ressortant pas de la nature même des choses, c'est d'un ensemble de dispositions réglementaires qu'on le fait surgir, mais si mince, si incomplet nécessairement que de guerre lasse et ne sachant plus où prendre de nouvelles faveurs pour les privilégiés toujours plus exigeants, on arrive à des mesures de coercition pleines de dureté même pour le temps" (4).

On se borna à remettre des étalons à ceux-ci. On attacha à ces derniers une clientèle, on protégea l'élevage en mettant les produits à l'abri des saisies. Le règlement administratif décrit de plus en plus pratiquement l'art et la manière de l'élève et but principal des haras reste "l'establissement de bonnes espèces de chevaux" (article 10).

On ne peut "souffrir d'estalons trop vieux, tarez ou viciez de maux qui passent naturellement aux poulains qu'ils engendrent". On recommande donc aux intendants d'éliminer les "mauvais étalons" et les "médiocres" pour " qu'il y en n'ait par la suite que de la plus belle tournure et sans défaut, puisque l'establissement n'a d'autre objet que la perfection de l'espèce ".

"La perfection de l'espèce" est la notion utilisée au début du XVIIIème siècle pour parler de ce que le XIXème nomma " l'amélioration de la race ".

Le règlement de 1717, réajuste le principe en vigueur sous Colbert qui consistait à " mélanger les races entre elles " afin que " l'ordre naturel dépose dans chaque animal nouveau les compléments de qualité qui lui faisait défaut ".

Le croisement des espèces chevalines n'est donc plus le mélange confus, disparate de toutes les espèces entre elles, comme cela avait été déjà conseillé et pratiqué. Le principe de "brassage" des espèces est largement modifié au profit d'un ajustement local et très précis des croisements.

2. La surveillance les croisements

Pendant tout le XVIIIème siècle un nouveau principe d'élevage général du cheval est recherché mais cette démarche est pratiquement très tergiversée. Des inspections très fréquentes chez les garde-étalons devaient régulièrement rappeler à l'ordre les contrevenants au nouveau règlement. Le conseil édictant le règlement d'instruction, désire cette surveillance rigide afin de ne pas revoir, comme il dit, se perpétuer les abus qu'il craint trop et dont il sait très bien qu'ils ne manqueront pas. Ainsi l'article 30 autorise la nomination de garde-haras, préposés à la recherche et à la constatation des délits et contraventions aux règlements des haras.

Les autorités administratives craignent de voir se développer la liberté de faire reproduire des cavales avec des étalons non approuvés, c'est-à-dire non royaux.

Pendant de nombreuses années, les propriétaires reproduisaient pour leur propre compte et en faisant saillir des étalons à eux avec des juments leur appartenant. Dans cette situation l'ordonnance du Roi du 26 juin 1718 déclare que "Sa Majesté ordonne que tous les particuliers propriétaires de chevaux entiers, voulant faire saillir leurs propres juments pour en avoir des poulains, seront tenus de prendre une permission par écrit, et renouvelée toutes les fois..." Pour les contrevenants, l'ordonnance prévoit "300 livres d'amende, de la confiscation des chevaux et des juments surpris en contravention...".

Il est aussi stipulé que "les commissaires doivent véritablement ménager l'esprit des garde-étalons" (article 31) car, en toile de fond, le règlement rappelle à nouveau que "les haras sont un bien commun pour tous les sujets de l'estat, il faut pareillement que les provinces y participent et l'on doit enfin revenir de l'erreur où l'on a esté, qu'il suffirait de s'attacher aux seules provinces qui y sont plus propres, puisque (...) elles ne pourraient jamais fournir le nombre et la quantité suffisante pour tous les besoins du royaume" (article 32).

Une véritable police de l'élevage s'instaure par la création des fonctions de "commissaires inspecteurs", de "visiteurs" et de "garde-haras", dont les abus se substituèrent à ceux des éleveurs improvisés par l'administration colbertiste.

Les abus de la hiérarchie administrative sont largement facilités par les dispositions pénales du règlement de 1717 qui instaure un régime de dénonciation permanent des exactions des éleveurs. De surcroit, la dénonciation devient rémunératrice pour le dénonciateur. La rigueur des dispositions est particulièrement forte sur les infractions concernant la saillie proprement dite. Ainsi "toute jument annexée à un étalon lui devait la rétribution fixée pour le saut et ne pouvait être livrée à un autre étalon approuvé sans une autorisation spéciale du garde qui l'avait dans sa clientèle attachée à son étalon. Le fait de la saillie par un autre étalon entraînait la confiscation de la jument et du produit ainsi obtenu. Une amende de 50 livres, partagée entre le garde-étalon frustré et le dénonciateur", indemnisait largement le premier, récompensait et encourageait le second dans la recherche et la constatation de délit (article 7) (5). Les saillies sont vigoureusement observées car elles sont le seul moment qui garantit l'accouplement de tel jument et de tel étalon royal, couple choisi selon des critères rigoureux de croisement.

Toujours dans la même idée "aucun mâle âgé de plus d'un an ne devait être envoyé au pâturage sans être entravé diagonalement d'un pied de devant à un pied de derrière. Dans ce cas, l'animal surpris était confisqué, puis hongré aux dépens du propriétaire, condamné en outre à 20 livres d'amende dont remise entière était faite au dénonciateur" (6)?

Des critères devenus indispensables pour être opposés aux autres pratiques. Dans ce dispositif de 1717 l'intendant devient tout puissant pour solliciter les éleveurs et châtier les contrefacteurs. Si dans un premier temps la tâche essentielle des intendants fut "d'amorcer la pompe" de la production du cheval, ils devinrent aussi les instigateurs de critères de sélection esthétique très sévères.

Toute la science consistait à accommoder les " mérites " divers. On opposait une qualité à un vice, une perfection à une défectuosité, dans l'idée d'obtenir un produit final moyen. On disait alors que tout animal portait en lui un germe susceptible d'être passé à ses descendants.

Pichard fut inspecteur des haras sous le Premier Empire, et eut des missions d'achat de chevaux dans divers pays pour les écuries de l'Empereur et pour les haras. Il avait été formé aux Grandes Ecuries de Versailles et il raconte ses expériences dans un ouvrage volumineux édité en 1812 "Manuel des haras ou système de régénération des races de chevaux, applicable à toutes les parties de l'Empire". Il dit que les mémoires du temps (début XVIIIème) "n'apprennent rien sur la science importante des accouplements. Une sorte de routine qui consistait à choisir, avec assez de soin, la jument qui ressemblait le plus au cheval, ou à mettre un étalon très membré avec une jument qui pêchait par la finesse de ses jambes, pour tâcher d'atténuer le vice de l'une par la perfection contraire de l'autre, ou enfin en faisant saillir une bête carrossière à une jument de selle, ce qui produisait un poulain qui n'appartenait à aucune classe en participant de toutes deux. Le tout était relatif à la figure seulement, car on s'occupait peu ou point de ce qui constitue le moral de cette utile créature" (7).

Très souvent, les étalons approuvés se succédèrent dans une même localité et ils provenaient d'une même souche. Nés dans le pays ils avaient alors pris " la teinte particulière au sol et au climat, ce que l'on nomme "habitat" en un mot " (8). "L'indigent" se recréait même avec l'action distributrice et combinatoire de l'administration.

Le règlement de 1717, sévère, réorganisa la production et obtint des résultats notables dans le relèvement de l'élevage jusqu'à combler la "pénurie" constatée à la fin du règne de Louis XIV.

Les statistiques disponibles au commencement de 1789, comptaient 3239 étalons royaux et approuvés pour un cheptel de 1500000 têtes. Les réglements autorisaient 35 juments par étalon, on obtint ainsi un chiffre avoisinant 115000 juments saillies.

Gayot estime à 55000 poulains le nombre de produits protégés par le règlement, alors que 150000 poulains naissaient chaque année. Les chevaux reconnus ne représentaient que le tiers des naissances au maximum. "Il ne sera jamais possible de s'emparer administrativement de la reproduction toute entière. Elle est une chose trop considérable, un fait trop complexe pour qu'un règlement puisse l'étreindre dans ses détails" (9).

On peut ajouter que le but de l'administration du XVIIIe tel qu'il nous est révélé par le règlement de 1717, était d'appréhender dans un "grand élevage" l'ensemble des possibilités qui y contribueraient. Le gouvernement n'a jamais pu y arriver et il l'avait pressenti dans l'introduction générale des instructions rédigées pour les intendants de province.

Le premier Haras Royal fut établi au Pin dans l'Orne en 1714. Le second, fondé par la Marquise de Pompadour à Pompadour en 1745, devint propriété de la couronne en 1760. Quinze haras placés sous la surveillance immédiate de l'administration générale des haras quadrillèrent le territoire royal. Ce quadrillage s'est fait grâce à la pénétration lente et progressive des régions françaises et l'imposition des étalons du roi sélectionnés et distribués en fonction des contraintes locales et des impératifs du croisement.

Au XVIIIème siècle la localisation des régions qui pratiquaient l'élevage des bêtes bovines et des chevaux était rigoureusement déterminée par les conditions générales de la production agricole. Les agriculteurs se préoccupaient principalement de récolter les grains nécessaires à l'alimentation de l'homme, et dans ces conditions l'élevage était un "à côté". L'élevage ne se faisait pas à l'écurie et on n'enfermait les animaux que l'hiver, le moins longtemps possible. L'isolement entre les régions, et l'état précaire des moyens de communication, obligeaient les hommes à penser avant tout à la nourriture des habitants. Dans cet ensemble, un petit nombre de régions d'élevage pratique celui du cheval et en règle générale, cet élevage a peu de succès.

Les efforts de l'administration des haras pendant le XVIIIème siècle n'ont pu implanter définitivement dans plusieurs pays propices l'élevage du cheval (le Velay, le Charolais, le Morvan) et se maintenir ailleurs (le Poitou et l'Auvergne). Partout il subit des crises très fortes et décourageantes. L'examen de situations régionales permet de comprendre certaines raisons de ces difficultés notamment des raisons révélatrices d'autres volontés politiques.

3. Le cas du Limousin

Dans certaines régions, comme le Limousin, l'institution des haras rencontre des conditions locales différentes d'ailleurs.

Le Limousin a peu subi la rigueur de la politique royale au XVIIème et a maintenu un élevage florissant tenu par l'aristocratie locale. L'existence ou l'absence de l'élevage du cheval s'expliquent par des causes locales. Le Limousin était au XVIIIème siècle, l'une des régions d'élevage les plus importantes. Les chevaux de ce pays étaient, jusqu'à ce que les chevaux anglais les supplantent à partir de 1775, les plus estimés pour la selle. Ils étaient de petite taille, fins, légers et de tournure élégante. Ils étaient lents à croître et pour cette raison ils n'étaient que tardivement montés. La région n'est pas particulièrement favorable à l'élevage. L'alimentation était peu abondante et assez maigre, car les poulains étaient abandonnés à eux-mêmes la plus grande partie de l'année dans des communaux et les jachères (10).

"Elevés dans les Landes, ils auraient dû être rustiques; ils passaient cependant pour les plus élégants de France " (11). Cette élégance n'a été acquise par les chevaux limousins qu'au XVIIIème siècle puisque l'intendant de Limoges en 1681 pensait que les chevaux épais convenaient beaucoup mieux que les fins aux juments limousines (12).

La raison de cet élevage est due à une condition absente dans tout le reste de la France. Ici les haras seigneuriaux restent la règle. Ici les petits propriétaires ne produisaient pas le cheval, ils lui préféraient l'élevage des bovins, moins coûteux et moins aléatoires. La noblesse continuant à produire ses chevaux, on comprend maintenant que les chevaux limousins fussent distingués et supérieurs à ceux des régions de même sol, comme la Bretagne."C'étaient des chevaux de luxe produits par un élevage de luxe, par des étalons de luxe" (13). Ainsi il n'est pas étonnant que ces chevaux aient conservé une certaine renommée : "sa distinction en faisait le cheval des grands seigneurs" (14).

Le "Limousin" était ainsi acheté pour les voyages, mais aussi pour le manège et la remonte de la cavalerie légère. L'aristocratie avait su conserver en Limousin des traditions d'élève sans avoir eu besoin de théories grandiloquentes comme celles que véhiculait l'administration des haras.

D'ailleurs le déclin de cette espèce limousine date de l'intervention du haras de Pompadour dans la région limousine dès 1763, lorsque celui-ci devint royal (1760) et qu'il favorisa des "croisements inconsidérés".

Le Limousin est un exemple intéressant de résistance au schéma général de l'élève du cheval en France. Le cas du Limousin sera longuement débattu par les tenants et les adversaires de l'intervention de l'Etat dans l'élevage. Les théoriciens de l'intervention voyaient d'un très mauvais oeil l'élevage mené, à leurs yeux, par des empiriques. Ces "empiriques", membres de l'aristocratie, localement très implantés, essayèrent de dénicher une théorie d'élevage personnelle afin de répondre à leurs critiques. Ils la trouvèrent dans l'art équestre. Un de ces aristocrates, le comte de Lubersac, proposait que le directeur des dépôts des haras soit obligatoirement un cavalier émérite et soit de préférence " un gentilhomme écuyer d'une probité non équivoque". Les chevaux dont il aura la garde serviront en effet à l'éducation équestre "de la jeune noblesse du voisinage".

Lubersac demande à la noblesse de reprendre en main le cheval et son élevage. Il n'a au fond pas d'autre théorie de l'élevage que celle d'interpeler ses pairs à se remettre à l'équitation. Autrement dit de maîtriser l'usage du cheval. Il fut entendu par de nombreux éleveurs-cavaliers et dans d'autres régions. Dans un mémoire édité en 1770 et réédité en 1771 (15), un membre de l'Académie royale d'Agriculture de Bretagne, Le Boucher de Corsco, dit que "la perfection des races… peut faire revivre le goût et l'exercice du cheval..."

L'auteur ne s'occupe que de l'élevage en Bretagne où dit-il, les chevaux n'ont et ne méritent aucune considération. Il se plaint que l'on n'ait envoyé pour les améliorer, que des étalons du Nord, Danois ou autres et demande que l'on emploie des Arabes, Barbes, Turcs ou Espagnols. Pour lui, l'ensemble de la politique de l'élevage devait promouvoir, par le perfectionnement des races, l'exercice du cheval : "cette vue n'est peut-être pas la moins importante l'administration politique est d'autant meilleure qu'elle influe davantage sur la morale, et plus d'une raison porte à croire que le goût et l'exercice du cheval influeraient en bien sur les moeurs de la Nation" (16).

Si Lubersac explique que la noblesse doit reprendre en main ses chevaux, symboles de sa puissance, Le Boucher de Grosco propose qu'une race de chevaux soit créée pour régénérer l'équitation et les moeurs de la Nation.

II - LA RECHERCHE DU CHEVAL TYPE

Au début du XVIIIème siècle, on ne voit pas se dégager un système "d'amélioration bien arrêté". Toutes les "races" étaient croisées entre elles, dans le but "d'améliorer l'espèce bien sûr mais aussi pour composer de nouvelles qualités apparentes.

C'est la raison d'être de cette administration : "on visait à une sorte de beauté spéciale et de conviction qui s'arrêtait à la surface et n'intéressait pas le fond" (17).

L'effort pour établir un critère purement équestre de sélection comme le comte de Lubersac le demandait est resté assez marginal dans l'ensemble de l'élevage. Même si le langage cavalier reste utilisé pour qualifier un choix de cheval.

Le comte de Brézé, officier de cavalerie au service de la Sardaigne au XVIIIème, explique comment il faut choisir un cheval. Si c'est " un cheval de chasse, on examine s'il a de la légereté, des jarrets et des jambes qui promettent de la ressource; si c'est un cheval de manège, s'il a des reins souples et de beaux mouvements; si un cheval de guerre s'il a un air robuste qui le fasse juger capable de soutenir la fatigue, de la légèreté et de la taille; si un cheval de maître, s'il est d'un poil noble, s'il a une avant-main bien relevée et de beaux crins, si des chevaux de carosse, s'ils ont du dessous, du poitrail et de l'encolure. Si c'est un étalon, outre toutes les perfections qu'il faut qui soient réunies en lui, on examine encore s'il a une physionomie qui promette la vigueur, si un cheval de troupe, il faut pour un cavalier un cheval fort épais, pour un Dragon, un cheval qui ait de la légèreté, et pour un Houzard, un cheval leste et de beaucoup d'haleine. (...) après ce court examen, on monte le cheval, pour connaître s'il a de la force et s'il n'est point hargneux, rétif ou ombrageux (...) " (18).

Le marquis de Brancas, l'organisateur du règlement de 1717, déclare à un inspecteur des haras de Haute Auvergne qu' " il aime le beau plus que personne ". Cet aristocrate écrivait à l'intendant Chauvelin le 4 juillet 1727, que les intérêts des éleveurs du Boulonnais étaient secondaires puisqu'il connaissait très bien leurs chevaux "ce sont de bons limoniers, et de bons chevaux de charette et de charrue, avec beaucoup de poil aux jambes, de sorte qu'on en saurait tirer un cheval de carrosse ni de troupe un peu propre".

Claude Bourgelat

Claude Bourgelat sera le grand théoricien de la beauté du cheval dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle.

Bourgelat, écuyer, fondateur de l'Académie d'Equitation à Lyon, où la jeune noblesse affluait de toutes parts, créa "l'Ecole pour les maladies des bestiaux" le 1er janvier 1762. Cette école prit le nom de l'Ecole royale vétérinaire en 1764. Bertin le nomma inspecteur général de toutes les écoles vétérinaires établies où à établir dans le Royaume et surtout il le nomma commissaire général des haras (19). Les deux hommes étaient très proches. Le mouvement d'idées qu'exprimera Bourgelat était largement répandu dans les sphères dirigeantes et chez les intendants surtout (20). Ainsi l'intendant de Bretagne, Case de la Brove, voit les chevaux de cette région sous les couleurs les plus négatives; "ils sont mal tournés, disproportionnés dans leurs parties, taillés en taureaux". L'intendant du Hainaut, Taboureau déclare que les paysans "ne s'attachent à aucune des parties qui caractérisent les beaux chevaux". Si on trouve les mêmes propos chez les intendants du Comtois ou Bressans, tous, cependant reconnaissent que malgré l'absence de beauté, ces animaux "sont sains, vigoureux, d'un entretien aisé" et surtout qu'ils se vendent fort bien.

En conclusion, pour ces intendants, il y a de bons chevaux, mais point de beaux. Mais pour ces fins connaisseurs de chevaux, comment obtenir un beau cheval ?

"Pour avoir de beaux chevaux, il faut nécessairement croiser les juments nationales avec les chevaux étrangers ou les femelles de nos départements méridionaux avec les mâles des départements septentrionaux. Plus la température des climats où les étalons et les cavales ont pris naissance sera éloignée, plus les formes seront parfaites, dans l'union et le mariage des deux animaux de régions différentes, les départs se compenseront en quelque sorte, surtout si l'on oppose les climats.., de là on a reconnu la nécessité de mêler les races et de les renouveler souvent par des races étrangères " (21).

Les principes de Bourgelat sont donc le croisement continu des races en opposant les climats, et la compensation des qualités et des défauts, en réparant par les perfections du père et les imperfections de la mère et inversement. Les perfections et imperfections sont déterminées pour Bourgelat à partir d'une étude géométrique des proportions du beau cheval. Bourgelat condamne l'empirisme et il lui semble désormais possible d'appliquer en toute certitude les lois relatives à la reproduction "la taille du cheval de selle doit être de quatre pieds huit pouces, celle du cheval de carrosse doit être de cinq pieds et au delà, les beaux chevaux doivent être noirs ou de toutes nuances de bai" (22).

Bourgelat néglige les liens entre l'élevage du cheval et le mouvement agronomique; il aborde la politique de l'élevage comme un écuyer. Cette mentalité s'avère trop systématique, trop dogmatique et par trop cavalière. Bourgelat dit dans cette optique cavalière que quatre qualités font le cheval parfait : la force, la légèreté, le courage et le jugement, quatre autres le font défectueux la faiblesse, la pesanteur, le défaut de courage et la paresse. Bourgelat était un homme cassant et autoritaire, et il s'ingéniait à démontrer aux inspecteurs des haras qui s'avisaient de le contredire, la supériorité de ses théories. Pour cela, ces inspecteurs furent obligés de suivre les cours dispensés à 1'Ecole vétérinaire de Maisons Alfort. Cette obligation contribua à étendre le système de Bourgelat. Ainsi les promus, forts d'un diplôme, vont se faire les chantres du croisement des espèces et de l'application des règlements.

L'application de la bonne théorie, l'avénement de l'école et des diplômes produisent leurs premiers méfaits. Les habitants des "quatre Vallées" dans les Pyrénées se plaignent de ce que leur inspecteur dédaigne " souverainement les connaissances des habitants dont plusieurs savaient par expérience ce que lui ne connaissait que par une espèce de théorie qui n'est point applicable à tous les pays indistinctement, a fourni des étalons dont la race n'a pas été assortie à celle du pays ".

En revanche, l'inspecteur Grand Pré, dans le Boulonnais, réplique "comment a-t-on pu demander conseil à des gens qui ne décident rien dans leur village qu'au cabaret avec le vin et l'eau de vie ?" Cet inspecteur est convaincu de la nécessité d'appliquer les règlements et n'a que mépris pour la "routine" des paysans. Il applique les textes à la lettre, soulève contre lui l'hostilité des populations, à tel point qu'il est obligé de faire appel à la maréchaussée pour procéder aux revues des juments.

D'autres inspecteurs se refusent à ce dogmatisme. M. de Fontenay, inspecteur des haras dans la Généralité d'Orléans, s'oppose aux idées de Bourgelat. Il récuse absolument le système de croisement des espèces, comme Lubersac s 'y opposait, en disant que cela ne faisait que produire des "monstres". M. de Fontenay ne croit pas aux vertus de l'application stricte de la réglementation. M.de Fontenay ne fut pas formé à Maison Alfort... L'opposition est de courte durée. Plus tard, son successeur lui diplômé croit que " l'espèce est dégénérée... on doit en attribuer la cause au défaut du croisement des races ". Contrairement à. M. de Fontenay, il voudrait changer les étalons dont la plupart sont âgés de 10 à 20 ans "d'où il est résu1té plusieurs répétitions de consanguinité aussi pernicieuse dans l'espèce des chevaux qu'elle le serait dans celle des hommes".

L'application des idées de Bourgelat aboutissait à nier et à combattre l'existence des espèces locales pour privilégier un "type idéal". On affirmait la beauté d'un cheval lorsque l'on reconnaissait dans l'animal divers traits physiques symptomatiques de "race" de chevaux étrangers à la région. La poursuite de la perfection dans les formes, l'espèce de beauté dogmatique s'arrêtait à la "surface" et n'allait pas au "fond" comme le dit Gayot (23). Cette politique était directement issue de cette volonté de l'anobli d'exposer son corps et celui de ses chevaux.

En même temps que l'on commence à percevoir l'espace national comme un territoire d'élevage, s'échaffaude une administration sévère et hiérarchisée. L'ami de Bourgelat, Bertin, sera directeur des haras de 1764 à 1780 et il se préoccupa de modifier les structures agraires qui lui semblaient s'opposer aux progrès de l'élevage. Bertin renverse le raisonnement et au lieu de penser cheval, pense l'espace qui le voit naître et l'élève. Par exemple, en 1764, il appuie très fortement le projet de l'intendant Calomne dans les "Trois Evêchés" qui vise à supprimer la vaine pature et le parcours en liberté des animaux. Bertin procède ensuite à une enquête auprès des intendants et des inspecteurs des haras. Il lui fallait savoir à quel endroit de la chaine de l'élevage il fallait intervenir pour que le gouvernement obtienne le plus grand effet multiplicateur. Malgré cette politique audacieuse, Bertin reste prisonnier d'une conception classique de la production du cheval : seul le cheval "léger" compte. Il favorise la production du cheval de selle et de carrosse et condamne le cheval de trait au moment même où les physiocrates croient et voient en ce cheval un facteur de progrès agricole.

A la veille de la Révolution, on disait, ça et là, que "le cheval est passé de mode et que les bottes sont devenues indécence". Néanmoins il restait le domaine réservé de l'aristocratie, comme en témoigne la nomination d'une des plus grandes familles de France à la tête des haras. Sous l'administration des Polignac (1780-1790), la volonté de faire obéir une immense administration est très nette. Le marquis de Polignac réorganisa son administration en 1780 en annonçant l'imminente réalisation d'un plan général et systématique de réforme pour l'ensemble du pays. Son fils créé duc, ayant reçu les mêmes charges, reprend cette idée de l'action administrative. Mais en conclusion, malgré leurs déclarations, le père et le fils ne firent que "bureaucratiser" encore plus leur administration.

Les inspecteurs des haras, qui avaient pendant longtemps été jaloux de leur indépendance, laminés une première fois sous Bourgelat, puis dépossédés de leur compétence d'expert de l'art de bien élever avec Bertin, vont être transformés en un corps de fonctionnaires hiérarchisés et dociles. Par exemple, leur commission ne leur sera pas distribuée par le Roi, mais par le directeur des haras. Polignac voulut, dès le départ, avoir la haute main sur les nominations. Puis un corps nouveau d'inspecteurs visiteurs les surveillera dans l'application qu'ils feront des règles et de la doctrine. Les inspecteurs visiteurs (3 et puis 4 postes en 1784) seront chargés de l'achat des étalons. Dorénavant ils seront aussi astreints au port d'un uniforme. Leur correspondance avec l'administration centrale devra se faire sur un modèle unique et chaque question devra être traitée séparément et numérotée.

III - L'ADMINISTRATION DOIT-ELLE CHOISIR L'ARABE OU L'ANGLAIS ?

Dans la situation générale assez confuse d'une définition d'une politique unique de production de chevaux faute d'un principe universellement accepté il apparaît d'autre théorie de l'élevage qui bien que marginale au début vont avoir un écho de plus en plus grand. Les futures théories des races de chevaux pourront emprunter ces nouvelles conceptions de l'organisation de l'élevage dont la fonction militaire.

1. Le plan de Préseau de Dompierre

Préseau de Dompierre, officier de cavalerie, né en 1730, eut une longue carrière qui le conduira à être inspecteur général de la maréchaussée avec rang de Mestre de camp de cavalerie. Il se consacrera pendant sa retraite en 1784, à régir deux haras, l'un privé et l'autre public dans le Haînaut.

De l'avis de plusieurs auteurs du XIXème siècle ou du XXème siècle, il fut en avance sur son temps en préconisant des mesures jugées pour l'époque vexatoires, ruineuses, mais à coup sûr ingénieuses. Cependant les idées de Préseau de Dompierre permettent de présenter certaines facettes de la politique de l'élevage à la veille de la Révolution.

Si personne en France ne les reprit, un exemplaire de l'ouvrage de Préseau de Dompierre fut lu par Frédéric Guillaume, Roi de Prusse qui adopta le plan présenté pour l'organisation de ses haras (24). Préseau de Dompierre se livra à une critique serrée des structures agraires qui interdisaient selon lui, tous progrès même si les paysans étaient assez riches pour conduire l'élevage dans les règles.

L'auteur écrit "les haras objets si essentiels dans une monarchie aussi vaste que la nôtre, ne doivent former qu'une seule machine dont tous les ressorts se répondent entre eux, ne reçoivent qu'une impulsion forte et unique et ne puissent agir les uns sans les autres, la jument du pied des Pyrénées ne doit point être saillie sans que la copulation ait un rapport direct et essentiel avec la copulation de celle des bords de la Manche. On le répète, et on ne saurait trop le redire, c'est en grand que doit être traité un grand objet dans un grand Etat" (25).

Préseau de Dompierre exprime clairement dans cette citation la conception globale qui sera à la base du fonctionnement de ce que le XIXème et le XXème appelleront un "système de ressorts" où "en perfectionnant un individu on perfectionne l'espèce entière". Il illustre ses propos par le schéma suivant, calqué sur l'hexagone du territoire français, où il propose une véritable planification de l'élevage du cheval avec toute une dynamique de fonctionnement.

Pour cet éleveur, on doit créer des "haras de pépinière a partir d'étalons "arabes purs". Ceux-ci seront destinés à produire des jeunes mâles aux différentes "races" de juments existantes les premiers seront établis dans les provinces les plus méridionales de la France. De l'accouplement de chevaux arabes de race avec les juments autochtones on tirera de jeunes chevaux un peu plus élevés que leurs pères, assortis à leur tour à des cavales plus étoffées, ils donneront naissance à des chevaux plus élevés et ainsi de suite par degré en remontant vers le Nord (26).

Préseau de Dompierre pense même, et l'on voit que c'est vraiment nouveau dans ce siècle où le mâle avait encore la primeur, que la formation des races de poulinières est possible avec les juments qui existent à présent dans le royaume (27).

Voici le descriptif de la France organisée par Préseau de Dompierre pour réussir l'élevage des chevaux dont le royaume a besoin. (voir la représentation cartographique de la France)

Ce premier tabou ébranlé, Préseau de Dompierre entend, par croisement, non plus "l'exogamie" permanente des pratiques antérieures, mais le recours périodique à un "germe primitif", c'est-à-dire un principe améliorateur qui est pour lui le "sang arabe". Le sang arabe est ainsi dans son système ce qui vainc l'influence négative du milieu par un apport d'énergie régulier et systématique.

Avec ces principes et avec la mécanique administrative qu'il propose, il n'y a plus pour lui de problème d'appareillement des couples et l'influence du climat peut être combattue.

2. L'arabe ou l'anglais

Les partisans de l'administration de l'élevage du cheval et ceux qui s'y opposent vont choisir dès la fin du XVIIIème siècle leur idéal de chevaux, "L'Arabe" et "l'Anglais" sont ces deux races sur lesquelles se formeront des clans.

Préseau de Dompierre se déclare en 1788 en faveur de "l'Arabe" : "on vient de prouver qu'il n'existe dans l'univers entier qu'une seule espèce pure, le cheval arabe ; que ce germe précieux est unique, que les différences qui se trouvent entre le cheval arabe et certaines races, soit pour la taille, soit pour d'autres qualités, sont l'ouvrage ou de l'homme ou de la température du climat et de la diversité des nourritures; il en résulte que les meilleurs chevaux, dans quelque genre que ce soit, seront toujours ceux qui auront reçu dans leurs veines une plus grande quantité de sang arabe parce qu'il est, on ne saurait trop le répéter, le cheval de l'univers, le cheval de la nature" (28).

Depuis quelques temps, ce cheval "oriental" était à la mode, il le sera encore plus pendant le XIXème siècle.

Il fut en concurrence très forte avec le cheval anglais dont la race fut créée au XVIIème et au XVIIIème. Préseau de Dompierre, tout en étant un homme prévoyant, restait pris dans la conception du rapport aristocratique au cheval qui avait déjà incliné le comte de Lubersac à affirmer sa théorie de sélection par la valeur équestre de l'animal. Voici comment Préseau de Dompierre voit les choses en cette fin de siècle : " la multiplication et la commodité des chaussées en facilitant l'usage des voitures, ont diminué l'exercice du cheval, ce qui a fait perdre au cheval de selle le plus parfait, le plus difficile comme le plus cher à élever beaucoup de son mérite. Si l'homme aisé sort de chez lui, même pour n'aller que dans l'intérieur de la ville enfermé dans une boite somptueuse et commode, il est à l'abri du froid, du chaud et des autres intempéries de l'air. L'animal qui le conduit, éloigné, isolé de son maître n'a de rapport qu'à son luxe, à sa vanité et à sa noblesse. L'homme qui va à cheval, uni en quelque façon à l'animal sur lequel il est monté, éprouve au contraire et partage, à chacun de ses mouvements l'agrément ou le déplaisir nécessairement attachés aux qualités bonnes ou mauvaises de sa monture il est plus à portée d'en sentir le mérite ou les défauts, d'étendre son usage et ses services, et par conséquent, de concevoir par la connaissance de son prix et de ses avantages le désir de la perfectionner et de la multiplier " (29).

Préseau de Dompierre vante les mérites des éleveurs cavaliers et dénonce ceux qui ne le sont pas en sous-entendant dans ces derniers tous ceux qui ne reconnaissent pas le cheval arabe comme le cheval le plus pur.

Ce genre de pensée avait prédisposé l'administration à émettre comme critère de sélection, un ensemble de principes esthétiques empruntés à une beauté parfaite que l'Arabe, l'étalon oriental, incarnait.

Le cheval Anglais provoquait beaucoup de réserve chez les hommes de cheval de ce moment car la trop grande légèreté de sa forme rappelait trop la fragilité. Il fallut alors que ce cheval fut présenté à tous, non sous l'angle esthétique, mais plutôt sous l'aspect de son efficacité : la vitesse. La vitesse, d'ailleurs, n'était pas un bon critère pour tout le monde au XVIIIème siècle. Ce n'est que très lentement qu'elle deviendra un élément de sélection des chevaux. Cependant il est intéressant de constater que les partisans du cheval Anglais veulent que ce critère supplante celui purement classique qu'est l'équitation. Le changement se fera au cours du XIXème siècle.

Louis-Léon Félicité de Brancas, comte de Lauragnais (1733-1824) fut célèbre pour son esprit frondeur et ses réparties. Il fut officier, puis quitta l'armée. Il avait été exilé sous Louis XV quelque temps en Angleterre. Il y fréquenta les courses et en rapporta le goût en France. Dans un mémoire publié en 1778, il défend le cheval Anglais, et aussi l'utilité des courses.

"Si le premier moyen pour avoir des chevaux est d'encourager la multiplication, le second est d'établir des courses dans toutes les provinces et de n'admettre pour étalons dans ces provinces que les chevaux qui ont couru, parce que les courses sont le seul, l'unique, l'infaillible moyen d'apprécier le cheval, et par conséquent, de faire cesser ce commerce de fripons et de dupes qui achètent des chevaux sur l'horoscope qu'ils en tirent, parce que si le meilleur cheval est celui qui fera la meilleure production, ce meilleur ne sera pas celui qui aura le plus de beauté, de convention, mais qui parcourra le plus vite l'espace donné en portant un plus grand poids" (30).

Plus loin, il reprend : "Personne ,dit-on, n'a besoin d'avoir un cheval de course, j'en conviens, mais l'Etat a un besoin indispensable d'avoir des coursiers, pour produire, avec des juments qui auront plus ou moins de sang, des chevaux de toutes espèces. Aussi, dit-on encore, le Roi fait depuis longtemps de grandes dépenses pour avoir des chevaux arabes, les meilleurs de la terre, et qui sont les pères de vos chevaux anglais; si on demande aux patriotes pourquoi on n'a pas en France de leur production comme en Angleterre, ils répondent à cela que le Roi et l'Etat ne dépensent pas assez d'argent; et si on leur fait remarquer que c'est précisément en Angleterre, où il y a tant de chevaux, qu'il n'en coûte au Roi et à l'Etat que 22 prix pour les courses dans les différentes Provinces d'Angleterre ils conviennent alors humblement que les particuliers en Angleterre sont beaucoup plus riches qu'en France cela est vrai et scandaleusement vrai. Mais une partie des dépenses que le système des haras coûte à l'Etat et au Roi, distribué dans les Provinces, en prix pour courses, déterminerait infailliblement un grand nombre de propriétaires à élever des chevaux " (31).

Le comte de Lauraguais illustre bien le renversement d'état d'esprit que l'aristocratie fera dans sa grande majorité, lors de son exil d'un quart de siècle entre 1789 et 1815. Pour lui, l'art équestre n'étant plus un critère, il faut instaurer les courses comme principe de sélection.

C'est donc à la Restauration que l'idée fera son chemin sur tout le territoire. A ce moment d'ailleurs, le comte de Lauragais sera nommé par Louis XVIII pair de France avec le titre de duc de Brancas. Au XVIIIe siècle l'administration de l'élevage du cheval ne choisira pas entre ces deux races de chevaux. Il faudra attendre certains développements de la vie politique française pour que d'une part l'Etat refuse toutes utilisations du cheval anglais au profit de l'arabe et d'autre part que les tenants du libéralisme fassent du pur sang anglais leur idole de perfection.

3. La fin des haras

En 1788, Préseau de Dompierre témoigne d'une situation peu brillante. Il dénombrait à plus de 13000 le nombre de chevaux achetés encore par le gouvernement à l'étranger. Ce fait aurait dû suffire comme argument à n'importe quel politicien qui se serait interrogé sur la vie économique de la France, pour constater qu'il fallait protéger la production du cheval français et pour cela mieux l'organiser. Ce ne fut pas le cas en 1789.

La destruction des établissements de haras fut prononcée par le décret du 29 janvier 1790 et la loi du 13 novembre 1790, ordonna la vente immédiate de tous les étalons qui appartenaient au Roi qu'ils fussent en dépôt de l'administration ou chez les particuliers.

Le Moniteur Universel rend compte de la séance du vendredi 29 janvier 1790, à l'Assemblée constituante."Le rapporteur propose : l'abolition du régime prohibitif des haras, la suppression des dépenses publiques relatives à ces établissements, que les étalons et les établissements autres que ceux qui se trouvent dans le domaine du Roi, soient mis à la disposition des assemblées administratives".

Pour les révolutionnaires, les étalons du Roi devaient disparaître avec le despotisme. S'il est facile de comprendre ce premier réflexe il faut se garder de le généraliser. En effet certains trouvaient enfin la bonne occasion pour détruire l'édifice administratif si laborieusement organisé. Parmi les orateurs, M. le vicomte de Noailles pense que le " meilleur moyen d'avoir de bons chevaux est de n'avoir point de haras. Je suis donc d'avis d'abolir les haras ". D'autres, comme le vicomte de Mirabeau demandent l'ajournement de cette question, qu'ils trouvent d'une grande importance et qu'il faut traiter avec maturité.

L'abolition des haras fut le fait des hommes de finance. Le comité instigateur agit avec précipitation et isolément sans consulter le comité de la guerre, ni celui de l'agriculture.

Cette loi se présenta comme une loi de finances, et la proposition de Mirabeau fut rejetée. Ainsi comme le désirait le vicomte de Noailles "chaque particulier se trouva en face de son droit naturel d'élever des chevaux quand et comme il lui plairait. Or les particuliers comprenant bien que dans les circonstances d'abandon et d'isolement où le droit les plaçait, ils n'avaient aucun intérêt direct à produire le cheval, n'eurent garde d'y toucher et se montrèrent plus soucieux des besoins du pays que ceux-là qui avaient eu pour mission spéciale d'organiser les moyens de les remplir à la satisfaction de tous. Ils ne furent pas, eux, plus royalistes que le Roi, ils cessèrent tout simplement".

Les temps n'étaient pas favorables à l'élevage. "Pendant la Révolution, des dilapidations, des réquisitions frappant à tort et à travers sur le cheval de luxe comme sur celui employé aux travaux de l'agriculture, sur l'étalon comme sur la poulinière, des guerres opiniâtres dont le théâtre est pendant longtemps sur le sol français, aucune sécurité, aucune confiance, par conséquent ruine de toutes les industries ou stagnation complète dans les entreprises commerciales et agricoles; les grandes fortunes détruites, l'émigration entraînant sur le sol étranger les restes d'une noblesse proscrite, décimée et ruinée, sont les suites de la Révolution et le complément de la destruction de tout ce qui a rapport à la production et à l'amélioration du cheval" (32).

Le Préfet de l'Orne dira à propos de la suppression des haras de Janvier 1790, que cette faute énorme "fit sourire l'Angleterre" (33) . Le Préfet de Corrèze parle, lui, de "l'esprit de vertige" qui fit supprimer le haras de Pompadour (34). La Convention nationale se rendit compte tardivement de l'irresponsabilité de cette décision contraire aux intérêts du pays. Il faut attendre le 2 Germinal An III pour qu'une loi porte l'établissement provisoire de " dépôts d'étalon pour élever l'espèce des chevaux ".

La suppression des haras a eu pour effet de disperser les 1116 étalons nationaux qu'entretenait la royauté. Ces étalons d'élite furent vendus à vil prix. Les plus beaux furent achetés par les Anglais qui s'empressèrent de les acquérir. Les cultivateurs propriétaires des 2124 étalons "approuvés se découragèrent en ne recevant plus de gratifications pour leur entretien. Ils les vendirent rapidement ou les transformèrent en chevaux hongres. Effrayés par la rigueur avec laquelle la Convention procède à la réquisition des chevaux de selle et des chevaux de trait en 1793 et au début de 1794, de nombreux propriétaires s'appliquèrent à ne garder pour leurs travaux que des chevaux tarés. On les vit rejeter des chevaux de choix et n'accepter que ceux de rebut. Par manque de chevaux adultes, des agriculteurs firent saillir des poulains et faire porter des pouliches longtemps avant que les uns et les autres eussent acquis les forces nécessaires et le développement dont ils avaient besoin (35).

 

 

ANNEXES DU CHAPITRE V : LE CHEVAL par Buffon

Ordre des pachydermes, famille des solipèdes, genre Cheval,. (Cuvier.)

La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats; aussi intrépide que son maître, le cheval voit le péril et l'affronte; il se fait au bruit des armes, il l'aime, il le cherche et s'anime de la même ardeur; il partage aussi ses plaisirs; à la chasse, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle; mais docile autant que courageux, il ne se laisse point emporter à son feu, il sait réprimer ses mouvements; non seulement il fléchit sous la main de celui qui le guide, mais il semble consulter ses désirs, et obéissant toujours aux impressions qu'il en reçoit, il se précipite, se modère ou s'arrête, et n'agit que pour y satisfaire; c'est une créature qui renonce à son être pour nexister que par la volonté d'un autre, qui sait même la prévenir; qui, par la promptitude et la précision de ses mouvements, l'exprime et l'exécute; qui sent autant qu'on le désire, et ne rend qu'autant qu'on veut; qui, se livrant sans réserve, ne se refuse à rien, sert de toutes ses forces, s'excède et même meurt pour mieux obéir.

Monsieur de Buffon 1707-1788, Extrait des oeuvres complètes, édition de MDCCCXLII

Cette annexe présente l'explication par Préseau de Dompierre de son programme d'élevage :

EXPLICATION DU TABLEAU GENEALOGIQUE DU HARAS DE LA FRANCE

Les cinq Haras de pépinière formeront trois cents Educations secondaires. Les trois cents Educations secondaires armeront dix mille Haras du royaume.

A - Haras de pépinière du premier ordre, sité entre le 42e et le 43e degré de latitude septentrionale, et le 17e et le 23e degré de longitude.

B - Haras de pépinière du second ordre, sité entre le 44e et le 45e degré de latitude septentrionale, et le 17e et le 23e degré de longitude.

C - Haras de pépinière du troisième ordre,situé entre le 46e et le 47e degré de latitude septentrionale, et le 17e et le 23e degré de longitude.

D - Haras de pépinière du quatrième ordre, situé entre le 48e et le 49edegré de latitude septentrionale, et le 17e et le 23e degré de longitude.

E - Haras de pépinière du cinquième ordre, situé entre le 50eme et le 51e degré, de latitude septentrionale, et le 17e et le 23e degré de longitude.

N° : Ligne qui désigne l'entrée des gènes mâles du haras de pépinière du premier ordre, dans le haras de pépinière du second ordre.

1 - Ligne qui désigne l'entrée des gènes mâles du haras de pépinière du second ordre dans le haras de pépinière du troisième ordre.

3 - Ligne qui désigne l'entrée des gènes mâles du haras de pépinière du troisième ordre, dans le haras de pépinière du quatrième ordre.

4 - Ligne qui désigne l'entrée des gènes mâles du haras de pépinière du quatrième ordre, dans le haras de pépinière du cinquième ordre.

F - Educations secondaires dépendantes du haras de pépinière du premier ordre, auxquelles il fournira des étalons.

G - Educations secondaires dépendantes du haras de pépinière du second ordre, auxquelles il fournira des étalons.

H - Educations secondaires dépendantes du haras, de pépinière du troisième ordre, auxquelles il fournira des étalons.

J - Educations secondaires dépendantes du haras de pépinière du quatrième ordre , auxquelles il fournira des étalons.

K - Education secondaires dépendantes du haras de pépinière du cinquième ordre, auxquelles il fournira des étalons.

Les petits points semblables à des notes de musique désignent, les haras du royaume dépendant de chaque éducation secondaire, et les étalons que chacune de ces éducations secondaires leur fourniront.

Il faut observer que les haras de pépinière vont du midi au nord, que les éducations secondaires et les haras du royaume suivent tous également la même direction.

L'affaiblissement de la couleur rouge, en passant par chaque haras de pépinière, indique la diminution de perfection du sang qui sortira de chacun de ces haras, à mesure qu'il s'éloignera de la sourçe primitive. La couleur de l'éducation secondaire de chaque haras de pépinière est aussi légérement affaiblie, ainsi que celle du haras du royaume pour la même raison.

 

 

 

(1) GAYOT, La France Chevaline, Paris, 1848-1854, Les institutions hippiques, T.1., p. 29.

(2) Id.

(3) Id., p.36.

(4) Id., p.38.

(5) Id., p.59.

(6) Id.

(7) Id., p.69. Evidemment, nous le verrons plus loin, c'est au XIXème siècle que l'on s'occupa du "moral" en même temps que de la forme. L'âme et le corps, autrement dit, c'était pour les bourgeois du XIXème siècle les éléments à rechercher pour reconstituer ce qu'ils voulaient recréer : la race.

(8) Id., p.69.

(9) Id., p.72.

(10) MUSSET(R.), L'élevage du cheval en France.

(11) Id., pp.86,87

(12) COLBERT, Lettres, instructions et mémoires, éditées par P. Clément, Paris, 1861-1873, 8Tomes, T. IV, p. 284.

(13) MUSSET (R.), op. cit., p. 88.

(14) GAYOT, op. cit., T.II, pp. 325 et 326.

(15) LE BOUCHER DE GROSCO, Mémoires sur les haras, Utrecht, 1770, pp. 4, 5.

(16) Id. p. 5.

(17) GAYOT, op. cit., p. 68.

(18) BREZE (comte de), Essai sur les haras, Turin, 1769, pp. 163, 164.

(19) BERTIN (1720-1792.) intendant du Roussillon puis de la généralité de Lyon et enfin contrôleur général des finances (1753-1762), avait rencontré Claude Bourgelat à Lyon. L'influence de l'art vétérinaire, qui ira croissant à partir de cette période, justifierait une étude en soi. Il ne nous était pas possible de la mener à bien dans le cadre de cette recherche. On en trouvera les linéaments dans en annexe .

(20) MULLIEZ, op. cit., p. 534.

(21) BOURGELAT, Eléments de l'art vétérinaire, traité de la conformation extérieure du cheval, 8ème éd., Paris, 1832, p. 368.

(22) BOURGELAT, op. cit., 8ème éd., p. 372.

(23) GAYOT, La France Chevaline, 1ère partie (Institutions hippiques), T. 3, p. 67.

(24) Revue des haras, 1872, p. 334.

(25) PRESEAU DE DOMPIERPE, Traité de l'éducation du cheval en élevage, 1788, p. 59.

(26) MULLIEZ, J., Administration des Haras et l'Elevage du cheval sous l'Ancien Régime (1663-1790), Thèse, p. 448.

(27) PRESEAU DE DOMPIERRE, op. cit., p. 19.

(28) Op. cit., p. 11.

(29) Op. cit., pp. 37, 38.

(30) LAURAGUAIS DE BRANCAS, Mémoire inutile sur un sujet important, Londres, 1778, pp. 41, 42.

(31) Op. cit. pp. 42, 43.

(32) MONTENDRE ( Lt de), Des institutions hippiques, T. II.

(33) Description abrégée du département de l'Orne, An IX.

(34) Mémoire sur le Département de Corrèze, An IX.

(35) Mémoire cité par Desbrière et Sautal, Organisation et tactique des trois armes. La cavalerie pendant la Révolution, Paris et Nancy, 1907, pp. 54, 55.