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I - CAVALERIE LOURDE, CAVALERIE LEGERE

1. La gendarmerie héritière de la chevalerie

2. La mise en place de la cavalerie légère

II - L'AFFIRMATION DU POUVOIR ROYAL

1. La prise en main de la cavalerie

2. Le dressage d'une hiérarchie

(notes)

 

 

CHAPITRE III - L'UNITE DU COMMANDEMENT

Henri II, dans les guerres qui l'opposèrent à Charles Quint, avait en vain demandé à rencontrer son rival en combat singulier. I1 voulait faire revivre une figure d'homme de guerre désormais révolue, celle du chevalier. Dés le XVIe siècle s'opére une réorganisation de la cavalerie sur des bases qui se maintiendront jusqu'à l'Empire. Réorganisation lente dans laquelle la noblesse cherche à maintenir ses privilèges face à un pouvoir royal soucieux d'établir son autorité.

Un retour en arrière est donc indispensable pour comprendre ce qui se passe au XVIIe siècle.Ceci nous amènera à voir comment, avant cette période la cavalerie "lourde", héritière des valeurs chevaleresques a cédé le pas à une cavalerie "légère" mieux disciplinée et plus maniable.

Nous exposerons ensuite l'effort de reconstitution par le pouvoir royal au XVIIe siècle d'une hiérarchie dans cet ensemble particulier qu'est l'arme à cheval, afin d'y établir l'unité du commandement.

I - CAVALERIE LOURDE, CAVALERIE LEGERE

Après un rappel succinct des transformations de la chevalerie au XIVe et XVe, nous présenterons l'effort d'organisation de la cavalerie dans l'ensemble militaire du XVIe siècle.

1. La gendarmerie héritière de la chevalerie

Au milieu du XIVe siècle, au début de la guerre de Cent ans, la grande majorité des combattants se répartit en deux sortes : "les gens d'armes" et "les gens de pied". Ces derniers constituent au moins la moitié des effectifs. Par exemple, à la fin du XVe siècle, la répartition est la suivante (1):

  • cavalerie : 38%
  • troupes de garnison : 13%
  • artillerie et génie : 5%
  • infanterie : 44%

A la fin du XIVe siècle, Charles VI ne jugeait pas nécessaire, une fois le danger des Anglais éloigné, de disposer en permanence d'une force d'intervention. Il estimait que les garnisons de frontières et le réseau des fortifications suffisaient à la protection du royaume en attendant que se réunissent les nobles et les contingents de villes. En revanche, au milieu du XVe, l'idée s'était imposée que les guerriers d'occasion, levés pour une campagne en fonction de leur vassalité, avaient une valeur militaire réduite et qu'il fallait donc entretenir quelques corps de cavalerie d'élite ayant l'habitude de la guerre. Vers 1450, il était de plus en plus facile de trouver des nobles acceptant la condition militaire (2).

Vers la fin de la guerre de Cent ans, la cavalerie s'enrichit d'éléments issus de la noblesse la plus démunie. Souvent, d'ailleurs, cette noblesse est composée de jeunes n'ayant pas encore hérité du fief de leur père. Même un chevalier bien fieffé avait souvent de grandes difficultés à "soutenir son état" et le service du roi pouvait lui fournir un apport financier non négligeable.

Parmi les roturiers, ni les gens de loi, ni les gens de finance, ni les marchands ne pratiquaient le métier des armes. Si leurs fils avaient l'ambition de rentrer dans la noblesse, la possession d'une propriété était une condition nécessaire mais non suffisante. Il leur était indispensable de mener un genre de vie noble, c'est-à-dire, entre autre, de faire la guerre (3).

On ne saurait transporter au XVe notre distinction entre civils et militaires. La nette différence entre ces deux termes n'apparaît qu'à la fin du XVIIIe.

C'est du règne de Charles VII (1422-1461) que date l'organisation régulière de la cavalerie. Ce roi se résolut à conserver une force capable d'en imposer constamment à ses ennemis. Il créa en 1445, avec les vaillants gendarmes de son armée quinze compagnies d'ordonnance de cent lances cha-cune; ce qui formait un total de 9000 cavaliers. La "lance fournie" se composait de six hommes : un gendarme (homme d'arme ou chevalier), un écuyer (ou "varlet"), trois archers et un coutelier. Les archers étaient montés: quand ils devaient faire un service à pied, des pages tenaient leurs chevaux. Le coutelier était un servant d'armes porteur d'une dague ou coutelas: il conduisait le cheval de bagage de la "lance fournie". Cette nouvelle cavalerie était astreinte à des exercices réguliers et constants qui furent le point de départ d'une véritable instruction militaire (4).

Dès les premières campagnes d'Italie du XVe siècle, les archers s'étaient séparés des hommes d'armes et avaient formé des compagnies particulières qui furent bientôt désignées collectivement par le nom nouveau de "cavalerie légère". Elles commencèrent à combattre à part sous leurs guidons et leurs cornettes propres (5). C'était une imitation de la constitution des troupes à cheval vénitiennes, partagées en "cavallarmati" et "cavallegiere". Cette modification dans l'organisation des troupes à cheval eut pour résultat d'établir peu à peu une ligne de démarcation nette entre les compagnies d'hommes d'armes, ou de gens d'armes, qui continuaient les traditions de la cavalerie noble (et resteraient en réserve sous le nom de gendarmerie) et la cavalerie légère. Celle-ci ouvrit largement ses rangs aux aventuriers de toutes classes et par conséquent à la roture. Toutefois, pour sauver les apparences, ces chevaliers d'aventure étaient la plupart du temps anoblis (6).

Sous François ler, on voit apparaitre les premières règles d'organisation sur l'instruction et l'emploi de la cavalerie. C'est aussi sous ce roi que l'on voit apparaitre les premières traces d'uniforme. Chaque compagnie de gendarmes avait un hoqueton (veste de grosse toile) reproduisant la livrée et souvent même la devise du capitaine.

L'artillerie fait son apparition. La tactique est alors changée de fond en comble à cause de l'utilisation de la poudre sur le champ de bataille.

La gendarmerie française n'avait point sa pareille à cette époque. Le point d'honneur y était poussé à l'extrême. La flétrissure marquait le gendarme qui, dans le combat ne rompait pas sa lance. Bien mieux, il y avait peine de mort pour celui qui avait fui ou s'était rendu ayant le bras droit encore entier ou son cheval vivant. Tout homme de guerre savait "qu'il ne doit jamais se rendre que son cheval ne soit mort...".

2. La mise en place de la cavalerie légère

A Pavie, 1525, les brillants coups de lance et la valeur individuelle des preux et lourds chevaliers passent au second plan dans l'ordre de la bataille. L'Infanterie va reprendre la première place. Les chevaliers dont les cuirasses ne sont plus une bonne protection et dont la lourdeur entrave la mobilité, vont céder la place aux cavaliers légers.

Cette cavalerie légére était considérée comme accessoire par la chevalerie. Elle se composait de "gens rapassés","varlets" ou autres, à la suite des seigneurs, auxquels on donnait des chefs pour une campagne. Cette cavalerie qui était peu estimée au temps où la gendarmerie était la seule arme noble, ne formait pas un corps. Elle servait à deux usages, à achever la déroute de la gendarmerie ennemie (plusieurs cavaliers entouraient alors un gendarme, cherchaient à le renverser et le tuaient) et à poursuivre l'infanterie de l'adversaire, car la gendarmerie était trop lourde pour fournir de longues courses; on s'en servait aussi pour aller à la découverte (battre l'estrade) et escorter des petits convois (7).

Pour Rocquancourt (1792-1871), officier d'état-major et polytechnicien, "les batailles de François ler et de Henri II sont encore à peu d'exceptions prés, ces échauffourées où les chefs toujours disposés à payer de leur personne, ne sont pas maîtres des soldats, où souvent, un premier échec est suivi d'une déroute tant les "masses" sont peu judicieusement distribuées, tant "le frein de la discipline" est impuissant pour rallier les troupes et les conduire une seconde fois à l'ennemi" (8).

Au XVIe siècle, à l'époque des guerres civiles, on connaissait la valeur des ensembles de cavalerie. On avait réussi plusieurs fois à grouper et à faire escadronner ensemble un jour de bataille plusieurs compagnies de cavaleries françaises. Aussitôt après il fallait tenir compte des exigences des capitaines et de leurs rivalités, de leur méfiance à l'égard de tout ce qui pouvait porter atteinte à leur indépendance, et à leurs intérêts (9). Henri II en respectant l'indépendance des capitaines, plaçait le 20 décembre 1549, la cavalerie légére sous l'autorité et la direction d'un colonel général. Les gendarmes restaient sous le commandement immédiat du roi, que le connêtable représentait alors (10).

Le milieu du XVIe siècle est un "virage" à partir duquel s'instaure progressivement l'idée de commandement suprême de la cavalerie. La charge de Mestre de Camp, c'est-a-dire de premier chef d'état-major s'instaure à partir de 1552, et devient permanente à partir du 6 septembre 1578 (11).

Au XVIe siècle, la cavalerie légère ne "formait pas corps". Cette notion de corps est celle qui sera au centre de toute la logique de l'organisation de la cavalerie du XVIIe siècle à 1914.

Au XVIe siècle, pour devenir officier dans la cavalerie, les jeunes gentilshommes devaient à l'adolescence, passer successivement dans les arquebusiers, les estradiots, les "chevaux légers" (12) et enfin dans les hommes d'armes. Ils restaient trois ans en moyenne à chaque étape.

L'artillerie faisant des progrés, les arquebusiers deviennent de véritables fantassins montés, cherchant à combattre non plus par le choc comme la gendarmerie, mais par le jeu des armes de plus en plus perfectionnées.

La cavalerie se forme en bandes de trois cents chevaux qui comprennent cent hommes d'armes cent chevaux-légers, cinquante estradiots, cinquante arquebusiers. Cette "bande" marche dans l'ordre suivant :

  • les avant-coureurs formés de quelques décuries d'arquebu-siers et d'estradiots, soutenus par des décuries de chevaux-légers, qui ont pour but "d'éclairer" la route suivie.
  • les bagages.
  • le reste des arquebusiers et estradiots.
  • le reste des chevaux-légers.
  • les hommes d'armes.

Dans la bataille, la cavalerie est aux ailes encadrant l'artillerie qui est en avant du "corps de bataille". La cavalerie, en règle générale, se montre rebelle à toute espèce de subordination et c'est en vain que François ler et ses successeurs, jusqu'à Henri IV, avaient essayé d'organiser des troupes à cheval régulières.

A l'occupation de Metz, par Henri II, la cavalerie fut rassemblée à Joinville pour cette mémorable expédition en mars 1552. Elle comptait, d'aprés les mémoires du maréchal de VieilleVille 6 000 hommes d'armes, 6 000 chevaux-légers, 6 000 arquebusiers à cheval, 6 000 pistoliers allemands et 8000 chevaux de l'arrière ban, soit en tout 32 000 cavaliers (13).

Une revue générale datée du 10 juin 1563 nous permet de dénombrer à nouveau les effectifs de la cavalerie et de constater son éparpillement dans le royaume de Charles IX (13). 103 compagnies forment alors 4 210 lances. Le 7 avril 1564, on n'en dénombre plus que 91, et le 15 mars 1567, 69 compagnies, c'est-à-dire 2 300 lances. Si la cavalerie se réduit considérablement, c'est en partie à cause de l'état d'esprit qui y règne. Les traditions de la chevalerie et la hauteur avec laquelle la noblesse se considère, empéchent la réorganisation qui a déjà remodelé l'infanterie. Tous les historiens parlent du retard "d'un siècle" de la cavalerie vis à vis de l'infanterie. Ce retard montre avec quelle force d'inertie un groupe social méme dominant peut alors résister aux injonctions du pouvoir royal.

II - L'AFFIRMATION DU POUVOIR ROYAL

Avant de procéder à l'organisation d'une cavalerie royale, il fallait imposer un commandement unique et l'imposer aux grands feudataires.

1. La prise en main de la cavalerie

Le 27 février 1594 Henri IV est couronné à Chartres. Dans la capitale, le parlement se déclare nettement pour le souverain, manifestant son hostilité aux Espagnols. Le 22 mars Brissac ouvre les portes aux troupes royales: Paris était pris sans combat. En quelques mois, toutes les villes du royaume suivirent cet exemple. Ouelques ligueurs se refusèrent au ralliement et il fallut attendre l'absolution du Pape pour que leurs derniers scrupules se dissipent (septembre 1595). Mayenne et la Maison de Lorraine firent la paix avec le roi. Henri IV va enfin commencer à gouverner le "corps de la France" (14) qu'il a tant sillonnée à la tête de ses cavaliers.

Dès lors qu'un roi reconnu de tous était sacré, les Espagnols apparurent comme des envahisseurs. Henri IV mania sa cavalerie en véritable homme de guerre. Il tiendra en respect la cavalerie espagnole à Fontaine Française le 3 juin 1596. C'est un combat dans toutes les directions que le roi doit mener. Il lui fallait démultiplier ses interventions et faire confiance à ses cavaliers. C'est pour cette raison que la cavalerie lui doit les premières "articulations" des compagnies de cavalerie en plusieurs pelotons. Ce procédé lui permit de tripler, voire de quadrupler le nombre des chefs et donc des initiatives. Par ailleurs, cela lui permit, dans cette période confuse de diviser les autorités uniques des compagnies.

La paix de Vervins fut signée le 2 mai 1598, la France retrouvait ses frontières fixées par le Traité de Cateau-Cambresis en 1559 par Henri II.

De 1600 à 1610, si Henri IV ne changea rien à sa cavalerie: "On voit la gendarmerie fondre à vue d'oeil en méme temps que l'esprit féodal tend à disparaître dans le tourbillon des idées nouvelles qui vont former l'esprit moderne.

Tout porte coup à la chevalerie et profite à la cavalerie légère et à l'infanterie. On lit Polybe et César: la guerre redevient une science et l'importance devient moins la force, l'adresse et la valeur individuelles que les " masses organisées, instruites et obéissantes " (15).

Quelques faits montrent, parallèlement à cette évolution générale de l'organisation du corps de la cavalerie, l'effacement progressif ou violent de la haute aristocratie.

Le duc de Biron (1562-1602) fut maréchal de France en 1595, puis maréchal général des camps et des armées de Henri IV (1597) duc et pair, et gouverneur de la Bourgogne. I1 conspira avec Montmorency, connétable en 1593, auquel Henri IV avait retiré le commandement des armées. Le maréchal de Biron, ancien compagnon d'armes du roi, sollicita l'appui du roi d'Espagne et du duc de Savoie. Le roi le fait arrêter, juger et exécuter le 29 juillet 1602.

La compagnie du Maréchal de Biron, privée de sa tête, fournit les éléments de la garde du Dauphin.

L'absolutisme se renforce. La mise en uniforme de la cavalerie permet d'afficher individuellement la puissance royale. Celle-ci était l'arme indispensable au trône. Le fils du roi héritait de la puissance retirée aux grands dignitaires du royaume. La royauté se consolidait encore.

Alexandre de Pont Aimery, seigneur de Focherau, est un écrivain dauphinois de la fin du XVIe siècle. I1 connaissait Pluvinel et son Académie de Paris. Pour vanter les services de son ami, il écrit un ouvrage en 1595 intitulé "L'Académie ou Institution de la Noblesse Française où toutes les vertus requises à un Seigneur de Marque sont décrites avec une curieuse recherche des plus belles et riches matières qui se puissent tirer des sciences divines et humaines". En sous-titre, il dit "toutes choses sont communes aux Bestes avec nous, hors mis la raison qui ne vit qu'avec ceux qui l'entretiennent et la cherchent mesme l'ayant trouvée".

La conception de Pont Aimery est claire: une élite commande et le reste n'étant que "Beste" ne doit qu'obéir. Cette conception du commandement se représente la chose commandée comme un grand corps que seul un corps spécial bien exercé et bien articulé peut soumettre.

Après avoir décrit les divers exercices pratiques du commandement des compagnies, il dit : "J'ai fait voir le grand capitaine avec toutes ses parties, et les qualités qui sont requises au mérite d'un si beau et glorieux titre. Maintenant, je veux lui façonner un corps de toutes les pièces de mon discours"(...) (16).

A l'instar du discours équestre le discours du commandement affirme la nécessité de la théorie pour qu'un corps plus petit et physiquement plus faible puisse s'imposer à plus grand et plus fort que lui.

A l'aube du XVIIe siècle, le discours qui est autorisé par le pouvoir royal devient un discours instituant les corps, aussi bien le corps des capitaines et des recrues (17) que le corps nouveau qu''ils forment ensemble. Le corps du roi institue les corps.

Pendant tout le XVIIe siècle, l'Art équestre est le discours du roi aux corps militaires: commander un cheval c'est commander un corps. L'analogie avec la troupe est renforcée par le fait que ceux qui obéissent sont perçus comme des "bestes".

L'art militaire, c'est-à-dire l'art de batailler et de gagner nécessite un contrôle parfait de l'objet commandé, corrélativement, le chef doit se gouverner lui-même; l'Art militaire est un gouvernement des autres par soi-même. Les principes inculqués aux jeunes nobles reprennent souvent cette idée. C'était le rôle des Académies d'assurer cet enseignement, la plus célètre étant celle de Pluvinel à Paris. Le marquis de Chillou suivait assidument les leçons de "raison cavalière" du maître de l'Académie.

Ce marquis s'appelait aussi Armand du Plessis autrement dit, c'était le futur cardinal de Richelieu.

Richelieu dompte la cavalerie. I1 intervient tant au niveau de l'organisation d'ensemble que celui de la discipline interne. Une série de transformations se succèdent: alternativement les dénominations et les définitions de l'unité de base du combat disparaissent et réapparaissent. Faut-il y voir une volonté délibérée ? En tout cas les références traditionnelles de l'unité de cavalerie sont bien ébranlées. Richelieu savait user des mains et des jambes afin de déstabiliser et ensuite d'équilibrer, sa chose gouvernée.

D'après le règlement de 1634, paru à St Germain, les troupes à cheval françaises étaient formées en 91 escadres de cavalerie et 7 de carabiniers (l'escadre est formée de 100 chevaux). (18) Richelieu fait signer à Louis XIII une ordonnance qui regroupe la cavalerie en cinquante régiments comprenant 2 escadrons de deux compagnies. En 1636, changement : Louis XIII casse ses régiments pour reformer des escadres. En 1638, Richelieu reprend les projets anciens et réorganise 70 nouveaux régiments composés uniformément de huit compagnies de cavalerie légére et d'une compagnie de mousquetaires.

Un "règlement signé par le roi à Compiègne, le 15 mai 1638 pour établir "le bon ordre et la discipline" dans toute sa cavalerie, renfermait les prescriptions suivantes: "chaque régiment marchera selon l'ancienneté de son mestre de camp, depuis qu'il est capitaine, excepté ceux de colonel général et du mestre de camp général" (19).

Cette incertitude dans l'organisation ébranle la confiance des cavaliers. De nombreux désordres s'en suivent. Ce qui permet au pouvoir royal d'user de ses prérogatives. Le 16 octobre 1638, le Conseil d'Etat rend un arrêt contre les officiers du régiment de Chanceaux pour avoir commis " des voleries et des pilleries ". Le 29 octobre 1638, le roi écrit au marquis de Praslin, mestre du camp général "pour lui défendre de venir à la cour et lui ordonner de se retirer chez lui à la campagne à cause du mécontentement de Sa Majesté du mauvais ordre qu'il a laissé introduire dans la cavalerie de Champagne" (20).

Dans une ordonnance, le roi "se voit forcé d'obliger les officiers et soldats à porter leurs armes dans les marches, gardes, factions et occasions de guerre, sous peine de mort" (21).

La haute noblesse réagit comme elle le peut, à l'extorsion progressive de ses marques de puissance. L'indiscipline est la règle générale dans ces régiments. Louis XIII oblige ses soldats à se désarmer en temps de paix. "Temps" qu'il n'est pas évident de faire sentir à la noblesse. L'effort de centralisation passait par l'instauration de la parole royale qui seule voulait déterminer le temps de guerre et le temps de paix. La persistance des duels est une illustration de la manière dont la noblesse regimbait, vis à vis du Roi à propos de leur propre mort. François de Montmorency-Bouteville (1600-1627) fut exécuté pour s'être battu en duel Place Royale sous la statue du roi.

La cavalerie jusqu'au XVIIe siècle, avait combattu par unité distincte sans recevoir d'un seul chef une " impulsion " unique.

Dans les préparations de bataille, les capitaines de compagnie avaient toutes les peines à coordonner quelque peu leurs initiatives. Richelieu force les compagnies à se réunir pour combattre, par troupe de trois ou quatre, voir six rangs de profondeur. Le cardinal impose une articulation des forces dans la bataille. Dans le combat, plusieurs compagnies se situent aux ailes, prétes à prendre de flanc l'ennemi qui se dispose à attaquer, au centre, l'infanterie.

Pour s'aider dans cette tâche, Richelieu fit demander Jean de Gassion qui avait combattu en Saxe pour le compte de Gustave Adolphe. Le roi de Suède, Gustave Adolphe, avait redonné à la cavalerie sa puissance de choc et de surprise en l'utilisant dans des charges à l'arme blanche, au sabre. Par ailleurs, le grand apport du roi du Suède réside dans la manière adroite avec laquelle il coordonne les différentes armes entre elles. Richelieu s'en inspira pour mettre sur pied une armée moderne de moins en moins tributaire des aléas des multiples commandements.

En attachant à son service le régiment de Gassion, le Cardinal a posé en 1635 le premier jalon d'une nouvelle constitution de la cavalerie française qu'il assurera d'une manière définitive en 1638. Richelieu s'était rendu compte que ce corps soumis à une discipline indiscutée, était rompu aux marches et aux efforts les plus rigoureux. Le coeur des cavaliers y battait à l'unisson de celui des chefs et des officiers, tous respectés et obéis (22). Le 19 mai 1643, Gassion est à Rocroi et Condé l'utilise pour harceler l'infanterie du duc d'Albuquerque par des actions menées sur les flancs et les arrières de celle-ci.

La permanence de régiments de cavalerie n'a réellement commencé qu'en 1671. Les premiers régiments de cavalerie formés sous Louis XIII n'étant que des agrégations temporaires pour la durée d'une guerre et même d'une campagne. Plus tard quand la permanence fut appliquée à tous les corps de l'armée. Les charges de colonel général avaient perdu toute leur importance et n'étaient plus que des charges de cour . Le roi ne se souciait plus d'augmenter la puissance d'un colonel général de la cavalerie légère en lui laissant le droit d'avoir dans chaque régiment de cavalerie une compagnie entièrement à sa dévotion.

2. Le dressage d'une hiérarchie

Le double effort d'organisation général et disciplinaire se poursuit sous Louis XIV. Le roi s'efforce de créer une armée vraiment royale Les soldats ne prétent serment qu'à lui, les officiers ne sont nommés que par lui. La disparition du connétable et l'effacement progressif des colonels généraux, le rôle grandissant du secrètariat d'Etat à la guerre, la vigilance du roi dans l'octroi des grades et des faveurs, modifient l'état d'esprit de l'armée.

Le 4 février 1672, Louis XIV déclare la guerre à la Hollance, ce qui entraîne une guerre générale. 66 escadrons comprenant pour la plupart 6 compagnies appelées dorénavant régiments, marquent pour la cavalerie le début de la période de permanence dont l'infanterie donnait l'exemple depuis plus de cent ans.

Michel Le Tellier (1603-1685) après des études juridiques devient conseiller au Grand Conseil (1624), procureur du roi au Châtelet (1631), maître des requêtes (1639), intendant à l'armée du Piémont (1640). Mazarin l'appréciant le nomme secrètaire d'Etat à la guerre en avril 1643. Son dévouement au Roi lui avait valu le surnom "Le Fidèle". Il prépare la carrière de son fils Louvois (1639-1691) qui lui est associé en 1662. Père et fils travaillèrent sans relache à la réorganisation et au perfectionnement de l'armée.

Par ailleurs, et c'est un exemple de leur clairvoyance administrative, ils créent et rendent obligatoire l'enseignement du droit français (1679). Pendant leur administration, l'armée prend des proportions énormes. En 1667, l'effectif global est de 72 000 hommes et en 1672 il est déjà de 120 000 hommes. En 1688, il atteint 290 000 pour étre d'environ 400 000 hommes en 1703. Avec cette administration, la noblesse change détinitivement de statut militaire; elle fournit les cadres et abandonne sa souveraineté. Toute une administration civile composée de roturiers est créée et la noblesse lui est subordonnée. L'aristocratie se cantonne à conserver la vénalité des charges de colonel et de capitaine.

Louvois renforce la discipline et sévit contre les absents. En 1675 il fixe la hiérarchie des grades et de l'ancienneté, par l'établissement d'un tableau de "carrière": c'est "l'ordre du Tableau". Louvois crée des grades non vénaux pour les officiers désargentés qui s'insèrent entre ceux de colonel et de capitaine : major et lieutenant-colonel . Au-dessus de colonel, il en crée un pour la même raison, c'est le brigadier. Le sieur de Birac, officier de cavalerie rédige en 1669, "Les Fonctions du Capitaine de Cavalerie et les principales de ses officiers sublaternes". Ce livre, plutôt un aide-mémoire, est plusieurs fois réédité jusqu'en 1693.

Le sieur de Birac affirme que "le Capitaine ne saurait jamais avoir une bonne compagnie ni faire bien le service avec elle, s'il n'a pas des officiers subalternes qui entendent bien le métier et le devoir de leurs charges. Car ce sont les principaux membres desquels il se doit servir pour faire agir à propos et remuer utilement ce corps dont il doit étre le chef" (23).

Le principe de verticalité (la hiérarchie) devient, dans les esprits, le seul moyen de faire fonctionner "ce corps" uniforme et horizontal des exécutants. L'organisation et le commandement réclament des délimitations d'ensemble et la stratification claire des pouvoirs et prérogatives à l'intérieur et à l'extérieur de ces ensembles. La compagnie doit être un corps comme l'armée tout entière doit l'être aussi. Pour diriger ces corps, il faut y ériger un axe de commandement vertical, s'établissant perpendiculairement à la base que l'on veut la plus uniforme possible. D'ailleurs le port de l'uniforme expérimenté et usité par la Maison du Roi, se généralise sous Louvois à l'ensemble de la cavalerie.

Chaque régiment a ses couleurs propres, les régiments dits "de cavalerie" (unités lourdes qui seront plus tard cuirassées) et les dragons portant l'habit à la française, veste de drap, culotte de peau de nuance naturelle, manteau gris piqué de bleu. Chapeau pour la cavalerie (sauf pour le Royal Allemand) et casque pour les dragons. Les poches sont portées en travers de la veste chamois. Les régiments sont divisés en huit classes ayant chacune une couleur différente (lère et 2e écarlate, 3e jonquille, 4e cramoisi, 5e aurore, 6e rose, 7e gris argentin, 8e bleu de ciel). Boutons jaunes pour la première classe, blancs pour les autres, etc. L'uniformité n'était pas dans les couleurs, puisqu'elles étaient fixées pour chaque régiment. Ceux-ci pouvaient se reconnaître et s'identifier les uns les autres. Dans la bataille, l'identification des régiments, grâce à leurs couleurs, était d'une très grande importance tactique.

Devant cette "perpendicularisation" du commandement militaire, comment la noblesse réagissait-elle ? Et d'abord pouvait-elle réagir ? En 1689 l'arrière ban fut convoqué. Louvois avait besoin de plus en plus d'hommes et il lui fallait les trouver en utilisant tous les ressorts politiques et "juridiques". La convocation de 1689 donne des indications précises sur l'état de la noblesse du royaume au point de vue militaire.

Les gouverneurs et les intendants furent bien embarrassés pour réunir le nombre de gentilshommes fixé par l'ordonnance de convocation. Plusieurs causes concourent à cette situation. En général, la plupart des gentilshommes aisés, en état de servir, sont à l'armée. Quant aux autres demeurés dans les provinces, ce sont soit des officiers retirés du service, qui ont des enfants officiers et que cette circonstance exempte de l'arrière ban, soit de pauvres gentilshommes souvent hors d'état de servir.

Par exemple, à Lyon, ceux qui " peuvent marcher n'ont aucun cheval ". En Touraine, il y a beaucoup de gentilshommes qui, faute de cheval, seront obligés d'aller à pied, "tant est grande leur pauvreté". En Anjou, si les nobles pauvres ne sont pas aidés, ils devront "aller à pied" ou rester chez eux. De Guyenne, de Bretagne ou d'ailleurs, arrivent les mêmes lamentations. Manquant de chevaux et humilié, l'arrière ban n'inspire plus confiance à personne. La noblesse est "pliée".

A la fin du XVIIe siècle, le "perfectionnement" de la cavalerie n'emprunte pas encore l'équitation comme moyen d'organisation. Les diverses académies du Roi dispersées en province, forment le peu de gentilshommes se préparant à la vie de guerrier. Les Académies enseignaient une équitation individuelle et elles ne dispensaient aucune préparation aux exercices militaires en groupe. "Pour ce qui regarde plus particulièrement l'équitation militaire nous devons dire qu'il n'y avait pas d'uniformité adoptée ni pour les exercices d'équitation, ni pour le service intérieur, ni pour les manoeuvres, en un mot, pas encore de règlement d'exercices. Les capitaines de compagnies faisaient l'instruction chacun à sa manière en s'inspirant, bien entendu, des méthodes d'équitation en vogue. Ils n'étaient tenus qu'à certaines lois très larges, ordonnances et règlements" (24).

Comment se passait l'engagement physique? La cavalerie chargeait rarement l'infanterie car la cavalerie légère, portait des corselets insuffisamment protecteurs contre les piques des fantassins qui de plus, avec leurs pistolets et escopettes tiraient plus juste et plus loin.

La cavalerie de gendarmes ne daignait pas se battre avec les "gens de pied". Dans les rencontres de cavalerie contre cavalerie, les deux parties tiraillaient en courant en sens inverse. Ou bien elles se chargeaient en haie, suivant la méthode usitée par les chevaliers. Après avoir essayé le pistolet, les deux cavaleries finissaient le combat, l'épée à la main pour combattre corps à corps.

Dans ces conditions de combat on voit bien comment il était difficile d'agir unitairement sans remettre en question de longues habitudes. La question des chevaux était essentielle pour la composition d'une cavalerie efficace dans le combat. Pour que celle-ci devienne une arme rentable et infaillible dans les mains du commandant en chef, il fallait des chevaux rapides et prompts à se mettre en avant.

L'exemple de Villars montre la transformation de cette arme à la fin du règne de Louis XIV.

Les gendarmes montaient des chevaux qui étaient dressés à virevolter sur des espaces réduits. Le duc de Villars (1643-1734) a cinquante ans pendant la guerre de succession d'Espagne quand le roi lui confie le commandement de l'armée chargée d'imposer, dans Vienne même, la paix à l'Autriche. Il se bat sur le Rhin, où ses soldats l'acclament maréchal de France. Le roi ratifie cette acclamation le 18 octobre 1702.

Il était déjà Maréchal de camp depuis 1690. Villars sera pendant les années les plus critiques du règne de Louis XIV le dernier rempart contre l'invasion. La bataille de Malpaquet (1709) contre Malborough montre aussi que c'était le meilleur. Avec une armée en haillons et sous nourrie il arriva à conserver un commandement sûr. Ce qui prouve qu'il existait parfois de réels commandants en chef capables de conserver l'unité des troupes dans des combats difficiles. Il est le précurseur des règlements et de la prise de conscience générale qui s'imposèrent à la cavalerie à partir de 1750.

Le 31 octobre 1701, il avait signé un "mémoire relatif à l'organisation de la cavalerie" (25) qu'il adressait au secrètaire d'Etat à la Guerre, M. de Chamillart (1652-1721). Cet ancien contrôleur général des finances (1699) passa à la Guerre en 1701. Son incapacité devint si odieuse qu'il dut démissionner en 1709. La guerre de mouvement que préconisait Villars et qui plaisait tant à ses subordonnés lui faisait réclamer "de ne plus ordonner aux capitaines d'avoir de grands chevaux" pour la raison principale qu'ils étaient incapables de "fournir une course". Si Villars réclama des chevaux plus petits pour gagner en vivacité, il demande expressément que l'on ne dépareille plus les compagnies, "les gens de cavalerie ne peuvent souffrir de tailles inégales. J'avoue que, comme un attelage de carrosse bien égal est plus beau à l'oeil, de même, une compagnie également montée plaît davantage".

Villars a observé que dans les batailles, les charges entre escadrons se font sur un modèle relativement régulier "puisqu'il arriva presque toujours que l'un des deux plie de quinze pas et, souvent, de plus loin, et pour l'ordinaire, celui qui tire s'en va le premier". Villars conclut qu'il est nécessaire et indispensable "de marcher à l'ennemi l'épée à la main et sans tirer".

Les raisons sont expliquées pratiquement par Villars: un cavalier qui prend le temps de viser son ennemi ralentit et dispose son cheval à tourner et à fuir. "Il n'y a de grand péril qu'en tournant le dos" (...) et "c'est dans la fuite qu'on périt". Pour essuyer le premier feu de l'ennemi, qui immanquablement s'enfuira en voyant les cavaliers charger à l'épée, Villars réclame des "cuirasses", des "plastrons" sur le devant de l'homme. Cet équipement aurait aussi une autre fonction car elle obligera les cavaliers à faire face sans possibilité de fuir étant donné le manque de protection dans le dos. Malgré cela, s'il fuit, cela serait dû à une faute de commandement car la peur d'affronter des forces trop supérieures en nombre deviendrait plus grande que celle de fuir donc de mourir.

Le chef devient le dépositaire de cette science de dosage et de répartition des rapports de force et de peur devant l'ennemi. Pour cela il fallut que le cavalier et le cheval fussent un seul et même corps, à la disposition d'un chef. Les grandes heures de gloire de la cavalerie à ce moment sont dues à l'ascendant d'un homme plutôt qu'à une bonne organisation. L'organisation existante de la cavalerie était plutôt timorée et lorsque les grands moments étaient passés cette organisation sombrait dans des problèmes sans fin d'intendance.

En 1715, après la paix d'Utrecht que les victoires de Villars avaient imposées, la cavalerie francaise se composait de la Maison du Roi, de la gendarmerie (seize compagnies au lieu de douze) de cinquante huit régiments de cavalerie légère et de quinze de dragons.

L'unité fondamentale historique et administrative de la cavalerie était toujours "la compagnie" commandée par un capitaine propriétaire. Depuis longtemps pourtant une autre unité, tactique celle-là, s'est imposée sur tous les champs de bataille: c'est 1'escadron. Les reîtres allemands semblent avoir été les premiers à en faire l'usage lorsqu'ils furent au service de la France. Destinée à remplacer l'ancien ordre de combat "en haie", c'est-à-dire sur un rang. Cette unité malgré les variations qu'avaient subies son effectif avait conservé une caractéristique constante: un front d'environ cinquante chevaux. C'était à peu près le chiffre considéré comme le plus considérable qu'un seul chef puisse faire évoluer à son commandement tout en gardant une relative cohésion d'ensemble.

Par ailleurs, le capitaine-propriétaire administre sa compagnie de cavaliers comme une ferme et ne cherche qu'à en tirer profit. Ainsi, il réduit au maximum les dépenses et il voit d'un très mauvais oeil ses chevaux fournir un travail trop intensif. "Les régiments où l'on monte à cheval deux fois par semaine en été sont rares. Ceux dont les chevaux sortent une fois par semaine en hiver sont l'exception (...) on ne prend jamais le galop en troupe, la charge se faisant au pas ou au trot, l'épée à la main. L'emploi du feu à cheval, sans être absolument proscrit, est tout à fait tombé en défaveur" (26).

Il fallut ces épreuves du "feu" pour faire prendre conscience concrètement aux officiers de la nécessité de respecter la hiérarchie et la discipline. L'officier qui se savait appuyé à la cour, professait un profond dédain pour celles-ci. Si, en 1762, la propriété des compagnies fut enlevée à leurs capitaines, il fallut attendre 1789 pour que la cour ne devienne plus, pour ces nobles, le recours suprême pour dédaigner les contraintes nouvelles de la cavalerie.

L'ordre perpendiculaire s'imposait difficilement.

 

 

 

(1)CONTAMINE (Ph.), Guerre, état et société, 1337-1494, 1972, p. 533. Chiffres de 1482

(2) Id., p. 545.

(3) Id., p. 547

(4) PICARD, Origine de l'Ecole de Cavalerie, 1890, T.1, p. 72.

(5) SUSANE, Histoire de la cavalerie, 1874, T.1., p. 42.

(6) Guidon: étendard d'une compagnie de gendarmerie ou de cavalerie lourde et par extension, celui qui portait cet étendard. Cornette : étendard de cavalerie et par extension, l'officier qui le portait.

(7) DANIEL (le P. Gabriel), (jésuite et historien, 1649-1728), Histoire de la Milice française, 1721. Battre l'estrade: aller à la découverte, courir les chemins.

(8) ROCQUANCOURT, Cours élémentaire d'Art et d'Histoire Militaire, 1826. Edition de 1831, T.1., p. 373.

(9) SUSANE, op. cit., T.1., p. 81.

(10) Comte de l'étable (comestabuli): commandant suprême après le roi, aux pouvoirs considérables. Charge supprimée en 1627 par Richelieu.

(11) Liste des premiers noms des "Mestres de Camp", SUSANE, op. cit., T.1. :

  • 06.09.1578 Bernard de Nogaret, Marquis de la Valette
  • 27.09.1589 Anne d'Anglure, baron de Givry
  • 1594 Louis de l'Hôpital, marquis de Vitry
  • 28.07.1595 Fr. de la Grange d'Arquian de Montigny
  • 30.12.1611 Comte de St Aignan
  • 01.09.1620 Gilbert Filhet de la Curée
  • 07.1628 François, duc de la Tremoille
  • 08.04.1633 Charles d'Escoubleau, marquis de Sourdis
  • 05.07.1637 Roger de Choiseul, marquis de Praslin
  • 11.12.1641 Jean, Comte de Gassion
  • 30.05.1646 Philippe de Clérambault, baron de Paluau
  • 31.08.1653 Roger, comte de Bussy-Rabutin,
  • Armand de Cambout, marquis de Coislin

Liste des premiers possesseurs de la Charge de colonel général de la cavalerie :

  • 20.12.1549 Claude de Lorraine, duc d'Aumale
  • 24.11.1558 Jacques de Savoie, duc de Nemours
  • 06.05.1589 Charles de Valois, duc d'Angoulême
  • 01.01.1624 Louis Emmanuel de Valois, comte d'Alais
  • 10.07.1653 Louis de Lorraine-Guise, duc de Joyeuse
  • 24.04.1657 Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne.

(12) Les chevau-légers étaient d'autres arquebusiers à cheval qui répugnaient à se battre comme fantassins. Ils restaient à cheval pour le combat.

(13) SUSANE, op. cit., T.1., p. 47. Voici la répartition des compagnies en 1563 :

  • 7 compagnies "prés de la personne du Roi" , 330 lances.
  • 10 compagnies "en Isle de France", 450 lances.
  • 8 compagnies "en Picardie", 290 lances.
  • 20 compagnies "en Brie, Champagne, Metz, Toul et Verdun", 840 lances.
  • 4 compagnies "en Bourgogne", 220 lances.
  • 5 compagnies "en Lyonnais, Forez, Bourbonnais, Beaujolais, Auvergne, La Marche, 250 lances.
  • 2 compagnies "en Provence", 60 lances.
  • 7 compagnies "en Languedoc" , 300 lances.
  • 7 compagnies en "Touraine, Anjou, Maine", 280 lances.
  • 5 compagnies "en Orléanois, Berry", 180 lances.
  • 3 compagnies "en Bretagne", 120 lances.
  • 8 compagnies "en Normandie", 290 lances

Les effectifs des compagnies fluctuent de 30 lances (Provence) à 55 lances (Bourgogne).

(14) PONT AYMERY, Oeuvres, 1599, p. 9.

(15) SUSANE, op. cit., T1., p. 44.

(16) PONT AYMERY, op. cit., p. 248.

(17) Recrue, dans les duels, signifiait un champion las, harassé, succombant et implorant du secours. Par transposition, recruter, appeler les recrues, c'était faire des levées pour secourir l'armée lasse de se battre, c'était le ban de détresse. Cependant, l'idée de recrue, liée au déshonneur du combat perdu peut aussi renforcer la définition que la recrue est celui qui obéit.

(18) L'étymologie du nom n'est pas fixée. "Cara, binus" sont des mots espagnols qui signifient visage double ! Leur nom vient-il de carabina qui veut dire arme double, parce qu'ils portaient la massue et la lance ? Leur arme à feu fut bientôt appelée carabine et ce nom est resté pour désigner le fusil dans la cavalerie.

(19) SUSANE, op. cit., T.1, p. 99.

(20) SUSANE, op. cit., T.A., p. 100.

(21) Marche: frontière militaire d'un Etat.

(22) CHOPPIN (H.), Les origines de la cavalerie française, Paris-Nancy, 1902, p. 263.

(23) BIRAC (le sieur de), Les fonctions du Capitaine de Cavalerie et les principales de ses officiers subalternes, Paris, éd. 1669, p. 11.

(24) PICARD (LA), Les origines de l'Ecole de Cavalerie, 1888-1890, T.1., p.160.

(25) reproduit dans Revue de Cavalerie, 1898, T. 26, p. 224 et suivantes.

(26) DESBRIERES et SAUTAI, Organisation et tactique des trois armes, 1906, T.1., p.8.